Renoncer à leurs privilèges, ils y songent

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Renoncer à leurs privilèges, ils y songent
Les deux anciens ministres UMP Laurent Wauiquiez et Bruno Le Maire, désormais députés, font partie des dix signataires de la tribune anti-privilèges.@ MAXPPP
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Dix députés de tous bords signent une tribune dans le Nouvel Observateur pour remettre en cause certains avantages.

Ils sont socialistes, écologistes ou membres de l’UMP et, fait rare, signent une tribune commune. Dix députés de tous bords dénoncent dans Le Nouvel Observateur les privilèges auxquels ils ont droit, eux et leurs collègues de l’hémicycle. Un appel qui survient alors que l’Assemblée débat d’une loi sur la moralisation de la vie politique bien moins ambitieuse que prévu. Chacun des dix élus signataires avancent une proposition. Inventaire, par appartenance politique.

Parti socialiste

Le contingent socialiste compose la matière des dix signataires. Olivier Faure, député de Seine-et-Marne, réclame que les augmentations de patrimoines entre le début et la fin d’un mandat soient publiées. La nouvelle loi se contente d’édicter que les patrimoines des parlementaires sont consultables en préfecture mais non publiables. Son collègue Jérôme Guedj, élu de l’Essonne, propose de son côté de fiscaliser les indemnités de représentation et de frais de mandat (IRFM), qui ne sont actuellement pas considérées par le fisc comme des revenus. Elles représentent pourtant la somme non négligeable de 6.412 euros par mois.

Dans la même veine, Karine Berger, députée des Hautes-Alpes, s’intéresse à la réserve parlementaire, cette somme allouée aux parlementaires leur permet d’investir dans leur circonscription. Récemment plafonnée à 110.000 euros par élu, elle échappe encore à tout contrôle. Barbara Romagnan, du Doubs, évoque elle le non-cumul des mandats  plaide elle pour un mandat parlementaire unique. Enfin Razzy Hammadi, élu de Seine-Saint-Denis, se prononce pour la clarification des groupes d’amitié. L’élu de Seine-Saint-Denis regrette que l’opacité règne sur la composition des quelque 150 groupes d’amitié de l’Assemblée.

Europe Ecologie-Les Verts

Du côté des écologistes, ce sont les deux présidents du groupe à l’Assemblée qui ont sorti leur plume. François de Rugy souhaite s’attaquer au lobbys, dont certains représentants "circulent librement au Palais-Bourbon". Le député de Loire-Atlantique s’en prend aussi aux colloques organisés par les grands groupes. Pour lui, la seule solution, "c’est la transparence". Barbara Pompili préfère elle s’attaquer à l’assurance-chômage. La députée de la Somme rappelle ainsi que les députés sortants perçoivent "une part décroissante de leur indemnité pendant trois ans". Elle soulgine aussi que certains élus qui avaient dû démissionner peinent à retrouver un travail. Et invite donc à tout remettre à plat.

UMP

Côté UMP, deux ténors et un jeune loup s’engagent contre leur privilège. Le juvénile Gérald Darmanin, 31 ans, dénonce ainsi l’acquisition des permanences au nom des élus, quand celle-ci se fait grâce à l’IRFM. "On n'a pas à se constituer un patrimoine avec l'argent public", peste le député du Nord, qui réclame que le local soit cédé à l’Assemblée nationale à la fin du mandat.

Plus expérimentés, les anciens ministres Laurent Wauquiez et Bruno Le Maire mêlent un peu de politique à leurs revendications. Ainsi le député de Haute-Loire s’en prend-il aux régimes de retraites, très favorables du député. "Je suis donc pour l'alignement complet sur le régime de droit commun et basta !", écrit l’ancien porte-parole du gouvernement Fillon, qui au passage égratigne les régimes spéciaux d’EDF et de la SNCF. "Il faut un système unique avec un régime unique et une caisse unique", conclut-il, alors qu’une réforme des retraites forcément controversée est annoncée.

Bruno Le Maire s’en prend lui à la surreprésentation de la haute fonction publique à l’Assemblée. "Notre pays n'a pas vocation à être dirigé par une promo de l'ENA", dénonce-t-il avant de proposer que tous les hautes fonctionnaires démissionnent en cas d’élection, au nom de l’exemplarité. L’ancien ministre de l’Agriculture, désormais député de l’Eure, rappelle en conclusion que lui-même a démissionné du corps des conseillers des affaires étrangères.