Remaniement, déchéance de nationalité, Notre-Dame-des-Landes... ce qu'il faut retenir de l'interview de Hollande

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Remaniement, déchéance de nationalité, Notre-Dame-des-Landes... ce qu'il faut retenir de l'interview de Hollande
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Après le remaniement du gouvernement, le président de la République s'est exprimé jeudi soir aux 20H de TF1 et France 2.

L'ESSENTIEL -

C'est un rendez-vous toujours très attendu. En direct de l'Elysée, le chef de l'Etat a donné une interview aux JT de 20h de TF1 et France 2 jeudi. Révision de la Constitution, Notre-Dame-des-Landes, l'emploi mais aussi le nouveau gouvernement... François Hollande a répondu à toutes ces questions durant une demi-heure. 

• Un référendum local sur Notre-Dame-des-Landes

Le chef de l'Etat a annoncé la tenue d'ici le mois d'octobre d'un référendum local sur l'épineux dossier de Notre-Dame-des-Landes "pour savoir ce que veut la population". " Si c'est oui, alors tout le monde doit accepter cette décision et si c'est non le gouvernement en tirera les conséquences", a-t-il expliqué. François Hollande a contesté qu'il y ait eu un quelconque "marchandage" sur le sujet avec l'ex-secrétaire nationale d'EELV Emmanuelle Cosse, nommée au ministère du Logement. "Il n'y a pas de marchandage. Je ne négocie, je ne troque pas telle ou telle entrée au gouvernement contre tel ou tel renoncement (...) il n'y a aucune négociation", a-t-il assuré.

• L'agriculture : "les cotisations sociales vont baisser"

"Le cours du porc s'est effondré", a expliqué le chef de l'Etat, en citant aussi la crise du lait, l'embargo russe... "Il faut traiter tout ça", a-t-il dit. "Le 15 février, ça va bouger" selon François Hollande qui explique qu'il y a des discussions "très difficiles" à Bruxelles. "Le Premier ministre va annoncer avant le 17 février une nouvelle baisse des cotisations sociales, tout de suite, pour l'ensemble des agriculteurs", a-t-il avancé. "Elles vont baisser, on a déjà fait baisser" ces cotisations, a-t-il ajouté, en soulignant que la crise touchait de nombreuses branches du secteur agricole.

• La primaire en 2017 : "pas le moment"

Comme attendu, François Hollande a botté en touche sur la présidentielle de 2017 et l'éventuelle tenue d'une primaire à gauche. "Ce que j'ai à faire, c'est réformer jusqu'au bout", a-t-il expliqué, estimant que le moment d'une candidature "n'était pas venue". "Je serai pleinement président jusqu'au bout", a-t-il martelé. 

• Le nouveau gouvernement : Macron "ne va jamais trop loin" et Ayrault "a l'expérience"

Sur le nouveau gouvernement, François Hollande a expliqué que ce gouvernement doit "agir et avancer" mais qu'il reste dans "une cohérence". Il lui a donné trois priorités : "la sécurité", "l'emploi" et "l'environnement". Interrogé sur son ministre de l'Economie et sa sortie sur la déchéance de nationalité, François Hollande a jugé qu'"Emmanuel Macron n'allait jamais trop loin". "Ce n'est pas un personnage classique de la vie politique", a-t-il poursuivi en affirmant néanmoins que la "règle de solidarité gouvernementale prévalait". "Il faut être capable d'ouvrir des pistes nouvelles et Emmanuel Macron nous apporte ce talent là", a-t-il ajouté. 

François Hollande en a aussi profité pour saluer le "très bon travail" de Laurent Fabius au Quai d'Orsay qui part pour le Conseil constitutionnel. Son remplaçant l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault "a l'expérience, il connaît les dossiers", a-t-il estimé. 

• La déchéance de nationalité : "un débat est né. Je comprends"

"Le 13 novembre est le plus grand attentat qu'ait connu la France", a poursuivi François Hollande. Sur la controversée déchéance de nationalité, "elle existait déjà, ce n'est pas une invention mais il était demandé par beaucoup de familles politiques que l'on puisse avoir une sanction prononcée pendant la condamnation", a-t-il développé. "Je voulais introduire dans la Constitution cette disposition mais en même temps un débat est né. Je comprends", a-t-il reconnu. "Ça ne concerne que des terroristes, ceux qui tuent des Français parce qu'ils sont Français", a-t-il défendu. "Je ne souhaite pas que la navette" entre le Sénat et l'Assemblée nationale "ne dure trop longtemps sur ce texte", a-t-il conclu. 

• L'emploi : "on va continuer à baisser les charges"

"La dette a été maîtrisée", selon François Hollande. Le président dit toujours espérer une inversion de la courbe du chômage. Il annonce une réforme du Code du Travail, "trop lourd et compliqué" avec deux principes : "souplesse pour les entreprises" et "sécurité pour les entreprises". Une loi est en préparation pour adapter l’organisation du travail avec des référendums d'entreprise. Sur les 500.000 formations, François Hollande a expliqué qu'il était "important que ces demandeurs d'emploi soient préparés aux métiers d'avenir". Il annonce un "grand plan de qualification". 

"On va continuer à baisser les charges", a affirmé François Hollande, "mais cela ne suffit pas, il faut que le marché du travail soit plus souple". Questionné sur le travail du dimanche, il a répondu que la loi Macron avait été "saluée". Sur le conflit VTC/Taxis, "il faut que la concurrence soit régulée, a-t-il estimé. "Le pays avance pas aussi vite que je ne le voudrais", a-t-il avoué. 

• La Syrie et Bachar al-Assad : les "actions russes" doivent s'arrêter

"Il faut faire en sorte que Bachar al-Assad quitte le gouvernement", a affirmé François Hollande. "Je demande que les actions russes puissent s'arrêter", a demandé le président de la République, faisant référence "aux milliers de déplacés à cause des bombardements".