Radars : chacun campe sur ses positions

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Radars : chacun campe sur ses positions
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La grogne des députés UMP ne faiblit pas, et François Baroin a redit la fermeté du gouvernement.

La majorité reste déchirée sur la question de la suppression des panneaux annonçant la présence de radars automatiques sur les routes. D’un côté, les députés UMP, au moins 73 d’entre eux, protestent contre cette mesure impopulaire, et ont écrit à François Fillon pour dire leur "profonde exaspération". De l’autre, le gouvernement reste inflexible, à l’image de François Baroin. "Nous serons sans faiblesse", a prévenu mardi sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement.

D’autant que l’équipe gouvernementale n’hésite pas à rendre responsable les députés UMP des récents mauvais chiffre de la sécurité routière - + 20% en avril 2011 par rapport au même mois de 2010 - quand ils avaient assoupli fin 2010 le permis à points. "Le gouvernement a eu une volonté d’accompagner une parte de la majorité pour qu’il y ait moins de pénalités et une possibilité de rattraper plus vite ses points. Immédiatement, psychologiquement, il y a eu un relâchement de la part des conducteurs, avec des conséquences sur les statistiques", a déploré le ministre du Budget. "Je crois que rien ne justifie qu’on prenne le risque, par un effort collectif de relâchement, de donner un message négatif à l’égard de conducteur sur le thème : vous pouvez y aller, vous pouvez appuyer sur le champignon."

Les frondeurs chez Guéant mardi soir

Face à cette intransigeance gouvernementale, les députés frondeurs, en colère contre François Fillon, n’hésitent plus à brandir la menace d’une crise au sein de la droite. "Nous ferons tout pour sortir par le haut de cette affaire qui peut effectivement entraîner une crise politique au sein de la majorité", a affirmé Philippe Meunier, l’un des meneurs, sur Europe 1. "Je vais surtout tout faire avec mes amis du collectif de la Droite populaire pour instaurer un dialogue avec le gouvernement. Car pour l’instant, nous n’avons pas beaucoup de dialogue avec François Fillon." Les contestataires envisagent même de perturber la très médiatique séance de questions au gouvernement.

Les positions semblent figées donc, mais le dialogue n’est pas totalement rompu pour autant. Comme il l’a annoncé dimanche sur Europe 1, Claude Guéant recevra mardi soir une délégation des députés frondeurs. Selon les informations d’Europe 1, il pourrait même formuler quelque positions à même d’enterrer la hache de guerre. L’une d’entre elle concernerait les 1.000 radars pédagogiques, dont le déploiement a été annoncé par le ministre de l’Intérieur. Ces radars pourraient être déployés spécifiquement dans les zones où sont également installés des radars flasheurs répressifs, jouant en quelque sorte le rôle d’avertisseur pour les automobilistes.