Procès Monsanto : "il faut que nous nous battions" en France, estime Corinne Lepage

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Contente que Monsanto ait été condamné lors d'un procès retentissant aux Etats-Unis, l'ancienne ministre de l'Environnement appelle désormais le gouvernement français à accélérer sur l'interdiction du glyphosate en France.

INTERVIEW

La condamnation de Monsanto, vendredi soir aux Etats-Unis, obligé de verser près de 290 milliards de dollars à un jardinier américain tombé malade après la manipulation de Roundup, donne des idées aux défenseurs de l'environnement. En France, nombreux sont ceux qui espère que le verdict du tribunal de San Francisco fera date et obligera le gouvernement à accélérer sur l'interdiction du glyphosate, la substance mise en cause dans le célèbre et très controversé herbicide du géant de l'agrochimie. Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, en fait partie. Selon elle, en France, "on ne va vraiment pas loin du tout" en matière de lutte contre le glyphosate "puisque les pesticides augmentent".

L'occasion manqué de la majorité. "Le gouvernement et le Parlement avaient une occasion unique de tenir une promesse du président de la République, c'est-à-dire interdire le glyphosate sur trois ans", rappelle-t-elle dimanche au micro d'Europe 1. "Ils n'ont pas voulu le faire. Ce qui veut dire au passage que la puissance de Monsanto en France n'a rien à envier à la puissance de Monsanto aux Etats-Unis." Une allusion à l'examen, fin mai, de la loi agriculture et alimentation. L'interdiction du glyphosate d'ici à trois ans n'y figure pas noir sur blanc.

Santé publique contre intérêts économiques. "Nous, ce que nous voulions, c'est une interdiction définitive dans trois ans avec une interdiction progressive. Là, on n'est pas du tout sur ce schéma-là", peste Corinne Lepage. "Il faut nous nous battions, c'est notre santé et celle de nos enfants qui sont en jeu. Ce n'est pas normal qu'un gouvernement chargé de la santé publique n'ait à l'esprit que des considérations économiques, qui du reste sont mal pensées quand on sait ce que ça coûte le développement de ces maladies. C'est beaucoup plus coûteux que d'aider les agriculteurs à changer de modèle."

À l'époque de l'examen de la loi, le gouvernement avait argué qu'une inscription dans le texte ne servait à rien, estimant qu'il valait mieux avancer en ayant "confiance" dans les agriculteurs pour trouver ensemble des solutions alternatives. Il avait également promis une loi si aucune avancée n'était faite d'ici à trois ans.