Primaire LR : 12 candidats potentiels, combien au final ?

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Primaire LR : 12 candidats potentiels, combien au final ?
Alain Juppé, Nicoals Sarkozy, François Fillon et Bruno Le Maire, autant de candidats probables à la primaires Les Républicains. Entre autres.@ DOMINIQUE FAGET / AFP
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Les candidats à la candidature à la présidentielle de 2017 au nom des Républicains foisonnent. Dernière en date, NKM. Mais les règles définies devraient limiter au final le nombre de candidats. 

Depuis mardi soir, Les Républicains comptent officiellement une candidate de plus pour la primaire de novembre 2016. Nathalie Kosciusko-Morizet a en effet annoncé lors du 20-Heures de TF1 sa candidature et ajouté son nom à la désormais très longue liste des prétendants à la fonction suprême au nom du grand parti de la droite. Potentiellement, les électeurs qui souhaiteront voter pourraient avoir le choix entre une douzaine de bulletins. Mais au final, ce chiffre devrait être largement réduit. Car les modalités de candidature ne sont pas si simples.

  • Qui sont les candidats déclarés ?

Pour l’heure, pas moins de huit candidats ont fait part de leur intention. Les anciens Premier ministre Alain Juppé et François Fillon, Les anciens ministre Nadine Morano, Bruno Le Maire et Frédéric Lefebvre, l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé, les députés Hervé Mariton et Jean-Frédéric Poisson, deux élus en pointe de la lutte contre le mariage pour Tous. Nathalie Kosciusko-Morizet, récemment écartée de la direction des Républicains, est donc la neuvième.

  • Qui sont les candidats potentiels ?

Le plus attendu est évidemment Nicolas Sarkozy. La volonté de l’ancien président de la République ne fait guère de doute, mais, en manque de popularité, il se donne plusieurs semaines pour préparer le terrain. Et pour voir, aussi, comment vont évoluer les affaires qui lui collent à la peau. Le président des Républicains devrait annoncer sa décision autour de l’été. Plus inattendue est la probable candidature de Michèle Alliot-Marie. Après s’être fait oublier, l’ancienne ministre des Affaires étrangères prépare actuellement, selon les informations d’Europe 1, sa candidature. Qui devrait être officialisée fin avril. Il faut ajouter à ses 11 noms celui d’un, voire deux centristes. Pour l’heure, l’UDI n’a pas défini sa stratégie, car le parti est divisé entre les tenants d’une participation à la primaire et ceux qui souhaitent une candidature directe à la présidentielle. Potentiellement, ce sont donc douze, voire treize candidats qui pourraient s’aligner.

  • Pourquoi il y aura un filtrage chez les Républicains

 La charte de la primaire des Républicains édicte dans l’article 4 de son chapitre 2 des règles claires, et strictes, pour pouvoir se présenter. Chaque candidat doit en effet pouvoir se prévaloir du soutien "d’au moins 2.500 adhérents du parti Les Républicains à jour de cotisation, répartis sur au moins 30 Fédérations départementales différentes, sans que plus d’un dixième des signataires de la présentation puissent être issus d’une même Fédération".

D’autre part, et c’est sans doute le point le plus important, les candidats devront présenter le parrainage "d’au moins 250 élus (…) répartis sur au moins 30 départements, (…) dont 20 parlementaires". Si les candidats potentiels peuvent remplir le premier critère en labourant le terrain, la échasse" aux parlementaires s’annonce plus difficile. Ils sont au nombre de 362 - 199 députés, 144 sénateurs, 17 eurodéputés – étiquetés LR,  mais la répartition entre les candidats sera à coup sûr inégale. Les "gros" candidats, tels que Nicols Sarkozy, Alain Juppé ou François Fillon auront en effet à cœur de réunir le plus de signatures possible, pour d’une part couper l’herbe sous le pied de leurs rivaux, et pour d’autre part montrer les muscles. La partie s’annonce donc serrée pour les autres, comme NKM, Hervé Mariton ou Frédéric Lefebvre.

  • Quid des partis partenaires ?

Pour eux, la règle est plus souple. "Pour les candidats issus des autres partis et groupements politiques concourant à la primaire, les conditions de présentation des déclarations de candidature sont arrêtées par les organes délibérants de partis concourant à la primaire", édicte la Charte. En théorie donc, les autres formations ont carte blanche. L’UDI devrait logiquement en profiter, mais aussi Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate (PCD), qui n’a besoin que du soutien de 5% de ses adhérents pour se présenter. Ce sera chose faite, assurément.

Mais Les Républicains ne laisseront pas tout faire. Car son bureau politique se réserve le droit de retoquer des candidatures, comme le rappelle L’Express. En clair, si un candidat manoeuvrait pour quitter Les Républicains afin de choisir un parti de circonstance afin de se présenter, la direction LR posera son veto. Nadine Morano, qui n’est plus parlementaire et pour qui la barre des 20 partenaires semble inatteignable, est particulièrement visée par cette loi, elle qui s’est un temps rapprochée du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) pour court-circuiter la Charte de la primaire.

  • Au final ? "cinq ou six" candidats, selon Solère

Le nombre de personnalités effectivement candidates devrait donc fondre au fil des mois. C’est d’ailleurs la volonté de Thierry Solère, président du comité d’organisation de la primaire. "On ne peut pas avoir une multitude de candidats, 25 candidats à la primaire", affirmait le député des Hauts-de-Seine lundi sur Public Sénat. "On a inventé cette condition d'accès pour un candidat qui, s'il n'y avait pas cette primaire, serait candidat à l'élection présidentielle. Ce n'est pas pour que des gens se fassent connaître. Croyez-moi, c'est très difficile et je peux vous dire qu'il n'y aura pas 10 candidats issus des Républicains qui auront ces parrainages-là. Mon pronostic, c'est qu'il y en aura 5 ou 6", a-t-il conclu. Un chiffre auquel il faudra sans doute ajouter les noms de Jean-Frédéric Poisson et d’un centriste. Soit un total de sept ou huit candidats. A titre de comparaison, en 2011, six candidats avaient concouru à la primaire du Parti socialiste, remportée finalement par François Hollande.