Primaire de la droite : "C'est la mêlée de rugby", analyse David Revault d'Allones

  • A
  • A
Partagez sur :

Lors du second débat de la primaire de la droite, la tension est encore montée d'un cran entre les candidats qui ont lâché des coups pour se différencier. Mais cela n'est pas sans risque pour la suite, analyse David Revault d'Allones.

L'ÉDITO POLITIQUE

La tension est encore montée d'un cran à droite. Lors du deuxième débat de la primaire de la droite jeudi, les candidats ont sorti les gants de boxe et lâché des coups, analyse l'éditorialiste politique d'Europe 1 David Revault d'Allones dimanche. "Plutôt pugilat de fin de soirée avinée que partie de bridge dans un salon de thé pour vieilles dames. Mais cette fois tout le monde s'y met : cela ressemble de plus en plus à une bagarre générale, à une mêlée de rugby, voire à une guerre de tous contre tous", estime David Revault d'Allones. 

"Tous contre Sarkozy". Tous les candidats à la primaire n'ont pas manqué en effet de taper sur l'ex-président Nicolas Sarkozy. "On avait le 'Tout sauf Sarkozy', on a eu le 'Tous contre Sarkozy'", analyse l'éditorialiste. Seul Alain Juppé a été plutôt épargné, en prenant le soin de prendre de la hauteur et de n'attaquer personne. "Le grand favori n'avait aucun besoin de prendre des risques. Juste à gérer son avance dans les sondages. Il s'est donc soigneusement tenu à l'écart", explique David Revault d'Allones pour qui les autres candidats ont déjà l'entre deux-tours en ligne de mire.

L'affrontement du débat de la primaire se retrouve au sein même de la famille Chirac. En Corrèze ce week-end, Alain Juppé a reçu le soutien de Claude Chirac, qui n'a pas manqué de rappeler que son père Jacques Chirac s'était également "réjouit" de sa candidature. Tandis que Bernadette Chirac soutient de longue date Nicolas Sarkozy. "C'est peu dire que la famille de la droite est en mille morceaux", analyse David Revault d'Allones.

Des fractures à long termes. "De telles empoignades laissent des traces, des cicatrices indélébiles, qui peuvent faire mal et peser lourd dans la suite des opérations, c'est-à-dire dans la campagne présidentielle", prédit David Revault d'Allones, rappelant que le tacle de Martine Aubry en 2011 qualifiant François Hollande de "mou" l'avait poursuivi durant toute sa campagne. "Attention aux séquelles", prévient donc l'éditorialiste, d'autant que les socialistes attendent et espèrent une scission à droite.

La gauche se frotte les mains. "Jusqu'ici au gouvernement, on s'interrogeait sur l'identité du futur candidat de la droite. Maintenant, on se prend à rêver d'une primaire qui tournerait mal et qui accoucherait de deux candidats de droite. Avec par exemple un Alain Juppé qui serait désigné et un Nicolas Sarkozy qui se lancerait tout de même dans la course", détaille David Revault d'Allones avant de conclure : "Chez nous, la primaire, c'est encore 'tu vas voir ta gueule à la récré'".