Primaire à droite : la résurrection de François Fillon

  • A
  • A

Partagez sur :

PRIMAIRE - L'ancien Premier ministre bénéficie d'un vent favorable dans les sondages et modernise sa communication.

Tout le monde le donnait politiquement mort. François Fillon est en train de connaître une véritable résurrection. L'ancien Premier ministre s'envole dans les sondages et les soutiens d'élus de droite à sa candidature pour la primaire se multiplient. La semaine dernière, il a rendu publique une liste de 72 parlementaires qui lui ont apporté leur parrainage. On y trouve notamment le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, le président de la commission des lois de la Haute Assemblée, Philippe Bas, ou encore les députés Pierre Lellouche et Thierry Mariani.

Une nouvelle forme de meeting interactif. François Fillon semble être l'homme qui monte dans la course à l'investiture. Un récent sondage Ifop le crédite de 15% d'intentions de vote, devant Bruno Le Maire. Du côté du baromètre Odoxa, l'ancien Premier ministre a gagné 13 points d'un coup avec 60% d'opinions favorables. Le député de Paris a donc le sourire et l'envie d'innover. Le 3 mai prochain, il va inaugurer une nouvelle forme de meeting interactif devant une salle de 1.000 personnes et tous les internautes qui voudraient regarder depuis chez eux. François Fillon présentera à cette occasion 18 mesures de son programme économique et les spectateurs voteront pour les hiérarchiser. 

Communication musclée. Celui qui a toujours rejeté les artifices et le buzz s'est donc converti à la communication. La sienne est désormais gérée par l'agence Image 7 d'Anne Méaux. Ses équipes ont été musclées, avec à la manœuvre sa "dir' com'" de toujours, Myriam Lévy, qui était avec lui à Matignon. L'homme a changé, joue le sûr de lui, roulant presque des mécaniques après des années à fuir les caméras et les interviews. François Fillon multiplie les rencontres informelles avec les journalistes, se faisant violence pour tirer son épingle du jeu à la primaire. 

Le PS le prend au sérieux. Cette stratégie semble payante. Pour preuve, dans le camp d'en face, au PS, où l'on ne craignait il y a peu qu'Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, l'ancien Premier ministre est désormais aussi une source d'inquiétude. "Nicolas Sarkozy est fini, Alain Juppé trop âgé, Bruno Le Maire trop jeune", estime ainsi un ministre. Il reste donc François Fillon.