Présidentielle : le silence de Macron, un pari risqué face au FN

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Le président François Hollande a mis en garde sur le risque que représente le Front national. Emmanuel Macron lui a répondu être "fier d’être devant Marine Le Pen mais rien n’est gagné".

L'ÉDITO POLITIQUE

48 heures. Il aura fallu 48 heures, et un lanceur d’alerte, en l’occurrence le président de la République pour qu’Emmanuel Macron réveille sa campagne. Lui revendique le droit de savourer sa victoire du premier tour. Et c’est vrai, il a gagné. Sur le papier, il a gagné, la victoire est quasi assurée. Mais l’enjeu n’est pas tant la victoire que de casser une dynamique FN qui tourne à plein régime : 6,4 millions de voix en 2012, 6,8 millions aux régionales en 2015, 7,6 millions dimanche dernier. Et combien le 7 mai ?

Une victoire à la Pyrrhus. Si Emmanuel Macron est élu avec un mince écart de voix, certes il aura gagné, mais contre une Marine Le Pen et un FN en pleine explosion. Ce sera une victoire à la Pyrrhus dans un pays fracturé ; le rassemblement du pays sera compromis, la majorité incertaine, et la France ingouvernable.

La posture d’autorité d'Emmanuel Macron. "Je suis le maître des horloges", voilà, en substance, la réponse d’Emmanuel Macron. C’est la posture d’autorité par excellence : ne pas céder à l’hystérie, au temps médiatique. Le maître des horloges, Emmanuel Macron a déjà utilisé cet argument pour répondre à ceux qui le pressaient de dévoiler son programme à l’automne, à ceux qui le pressaient de déclarer sa candidature à la rentrée, à ceux, encore, qui le pressaient de démissionner du gouvernement cet été. Il renoue avec la formule de François Mitterrand, "donner du temps au temps", ne pas céder à la pression de l’événement, des médias.

Monter sur le ring. Nicolas Sarkozy et François Hollande n’ont pas résisté au rythme imposé par les chaînes d’infos, par l’actualité immédiate qui amène un chef d’Etat à dialoguer avec Leonarda. Emmanuel Macron, lui, veut imposer son temps, sa stratégie. C’est son choix, critiqué et critiquable. Un second tour de présidentielle, c’est un face à face tendu, un duel violent qui se remporte en quinze jours seulement, pas d’avantage. Or, Emmanuel Macron a donné le sentiment, pendant 48 heures, de jouer l’évitement. Il doit maintenant mettre les gants et monter sur le ring.