Pourquoi Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ne participent pas à la primaire de la gauche

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Pourquoi Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ne participent pas à la primaire de la gauche
Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon refusent le principe de la primaire de la gauche.@ AFP
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LA QUESTION - Les internautes se demandent sur Google pourquoi Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, candidats à l'élection présidentielle, sont absents de cette primaire, dont le premier tour à lieu dimanche.

Pourquoi les deux candidats à la présidentielle ne participent-ils pas à la primaire ? C'est une question que les internautes sont nombreux à poser jeudi sur le moteur de recherche Google, avant le troisième débat de cette campagne. Europe 1 vous livre des éléments de réponse.

Non, non et non. Candidats sans passer par la case primaire, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ont rejeté ce scrutin dès le début de leur campagne présidentielle, sans revenir sur leur choix.

Pourquoi Mélenchon a-t-il toujours refusé le principe de la primaire ? Déclaré plus tôt qu'Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon torpille l'idée d'une participation à la primaire dès janvier 2016, sur son blog, après un appel publié sur Libération : "Si Hollande ou Valls ou Cohn-Bendit ou qui sais-je encore de cette mouvance emportait ce vote, comment pourrais-je le soutenir ensuite après avoir échangé avec eux autant de critiques sur le fond ? Donc je préfère dire que je ne participerai pas à une compétition dont je ne suis pas prêt à me soumettre au résultat."

La position de Jean-Luc Mélenchon ne varie pas tout au long de l'année 2016. Pourtant, les appels se multiplient pour l'encourager à participer au scrutin. Jean-Christophe Cambadélis se montre le plus insistant auprès de l'ancien socialiste, invoquant la légitimité populaire après le renoncement de François Hollande : "C'est le peuple qui doit désigner son candidat et non le candidat qui doit désigner son peuple."

Sauf que Jean-Luc Mélenchon a bien compris que la délicate situation du Parti socialiste pourrait lui couper les ailes, briser son destin présidentiel plusieurs mois avant le premier tour. "Le parti radical de gauche a son candidat à l'extérieur, le parti Europe Ecologie-Les Verts a son candidat à l'extérieur, et qui plus est Yannick Jadot qui était un chaud partisan des primaires, répond-il au secrétaire général du PS. Pourquoi vient-on me demander, à moi, de rallier cette primaire ? Personne ne peut croire un instant que je vais y aller."

Macron l'imite quelques mois plus tard. Emmanuel Macron, candidat depuis mi-novembre, n'a jamais caché son aversion pour un processus perçu comme un énième avatar de la "vieille politique" qu'il prétend dépasser. "Il l'a déjà dit, il ne sera pas candidat à une quelconque primaire, confirme son soutien Richard Ferrand au lendemain de sa démission, fin août. Le système des primaires crée de la déception et le discrédit de la parole politique." 

Nombre de responsables socialistes l'accusent alors de jouer contre son camp. Lui, responsable de l'élimination de la gauche au premier tour de la présidentielle ? Réponse cinglante dans le Journal du Dimanche, début décembre : "La gauche est éliminée du second tour depuis dix-huit mois ! Il n'y en a pas un qui va au second tour ! Pas un ! Quand bien même cette primaire se passerait bien, le vainqueur n'y arriverait pas." Il y voit une "querelle des clans", une élection "à la OK Corral".

Leur stratégie est-elle payante ? Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron sont en passe de remporter leurs paris pour deux raisons. D'abord, leurs refus a affaibli la primaire, cantonnée à une partie de la gauche. Son vainqueur aura toutes les difficultés du monde à déjouer les pronostics : d'après de nombreux sondages, Benoît Hamon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou un autre des sept candidats serait cinquième au soir du premier tour de la présidentielle. Refuser la primaire leur a aussi permis au passage de gagner des points dans les sondages. Jean-Luc Mélenchon est ainsi loin devant le candidat socialiste en se stabilisant autour des 15% dans la dernière enquête . Quant à Emmanuel Macron, il se rapproche de François Fillon et Marine Le Pen, gravitant autour de la barre des 20% et confortant sa place de troisième homme.