Pourquoi Emmanuel Macron veut tuer les bébés Hollande

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À peine installé à l'Elysée, Emmanuel Macron se projette vers 2022 et veut éliminer ses potentiels rivaux de gauche, jusqu'ici protégés par son François Hollande.

L'ÉDITO POLITIQUE

La suite, déjà. Comme il a construit méthodiquement sa conquête du pouvoir, Emmanuel Macron prépare activement l'après en éliminant méthodiquement ceux qui seraient susceptibles de vouloir gêner sa réélection en 2022. Sa principale cible : Najat Vallaud-Belkacem, qui pourrait tout à fait nourrir une ambition présidentielle. Elle s'est très tôt revendiquée de l'opposition à Emmanuel Macron, son ancien collègue au gouvernement entre 2014 et 2016.

Najat Vallaud-Belkacem en vitrine du hollandisme jeune. Comme lui, elle est jeune. C'est aussi une femme, issue de la diversité. Lorsqu'elle était ministre de l’Éducation, "NVB" a porté des réformes difficiles et contestées (pensons aux rythmes scolaires, par exemple), en s'illustrant par sa solidité. D'où la nécessité pour Emmanuel Macron de favoriser son élimination, dimanche. Au premier tour des législatives, Najat Vallaud-Belkacem a réalisé 16,54% des suffrages dans la 6ème circonscription du Rhône, très loin derrière les 36,69% de son concurrent de La République en marche! Bruno Bonnell, avec qui les rapports sont très froids.

Mais derrière Vallaud-Belkacem, plusieurs ex-ministres de François Hollande ont été éliminés, comme Juliette Méadel en Seine-et-Marne (malgré un ralliement au futur président) ou Mathias Fekl, dans le Lot-et-Garonne. Même sort enfin pour la plupart des jeunes députés proches de Hollande que sont Olivier Faure ou Eduardo Ryan-Cypel. Les rares socialistes épargnés aux législatives sont considérés comme d’inoffensifs agneaux, exposés pour preuve de la mansuétude du souverain.

Valls, Montebourg et les autres dans le viseur. Il y a quelque chose qui ressemble à la tragédie grecque dans ce scénario. Ce devait être la génération dorée de François Hollande. La jeune garde composée de Najat Vallaud Belkacem, Juliette Méadel, Mathias Fekl ou encore Fleur Pellerin, à qui l'ancien chef de l'Etat avait donné de très fortes responsabilités. Elle devait d'ailleurs constituer le cœur du dispositif pour un second quinquennat. Avec un objectif : contrôler, affaiblir et finalement éliminer ses rivaux que sont les "quinquas" Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon. Pour prolonger son règne, François Hollande comptait s’appuyer sur ses enfants, qu’il avait gâtés et élevés dans le culte de la fidélité à sa personne. Aujourd'hui, il ne s'agit rien de moins qu'une génération sacrifiée par Emmanuel Macron.