Pour Le Maire, l'heure est à la discrétion

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L'ancien ministre n'a pas voulu s'exprimer sur la Grèce. "Les Français se foutent de notre avis", estime-t-il.

Il est le seul candidat au primaire de la droite qui soit resté silencieux sur la Grèce. Bruno Le Maire n’a pas l’intention d’en faire trop et, selon les informations d'Europe 1, l'ancien ministre a même prévu une rentrée politique très discrète.

De longs voyages à l'étranger. Lorsqu’il s’est retrouvé à la Une de trois hebdomadaires, quasiment la même semaine, Bruno Le Maire a convoqué ses troupes : "on se calme". Très actif pendant des semaines, notamment sur la question de la réforme du collège, Bruno Le Maire va désormais se faire plus discret,  pour ne pas user son récit et lasser les Français. Après un peu de vacances, il partira dès la rentrée en Nouvelle-Calédonie, au moins une dizaine jours. Dans la foulée, il ira au Proche orient. Des voyages qui lui permettront notamment de se tenir loin du débat politique national.

"Les Français se foutent de notre avis". Quand Nicolas Sarkozy fera une visite très remarquée aux universités d’été des Républicains, au Touquet le 14 septembre, Bruno Le Maire, lui, réunira le même jour son soutien pour un séminaire de travail à huis clos. Sa priorité : le fond, c'est pour cela qu'il a refusé de s'exprimer sur la situation grecque, bien conscient de ne pas avoir toutes les données en main : "Personne ne sait ce qu’il va se passer. Les Français se foutent de notre avis", juge-t-il. L'ancien ministre de l'Agriculture préfère se pencher sur le dossier des éleveurs, où il s'estime plus audible.

Discret, mais pas trop non plus. Une stratégie à double tranchant. Si les militants peuvent lui faire crédit de sa discrétion sur un sujet qu'il ne maitrise pas, être aussi discret quand on n'est pas le favori de son camp est un vrai risque politique. Jusqu’à présent, Bruno Le Maire a réussi à faire entendre sa différence sur le besoin de renouveau ou sur le collège. Mais s'il prend trop de recul, il sortira du champ de vision des Français. Il sait que son talon d’Achille par rapport à Nicolas Sarkozy et Alain Juppé reste la crédibilité pour incarner la fonction présidentielle. Pas certain qu’il suffise de baisser d’un ton pour remplir le costume.