Philippe Besson dépeint Macron dans un livre : "Je n'ai pas l'impression d'être hagiographique"

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Dans "Un personnage de roman", Philippe Besson raconte la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. Un portrait intime, empathique, mais pas "hagiographique", se défend l'écrivain sur Europe 1.

INTERVIEW

En trois présidents de la République*, c'est déjà devenu une tradition : un écrivain a accès aux coulisses et à l'intimité de la campagne présidentielle. Dans Un personnage de roman, sorti vendredi aux éditions Julliard, Philippe Besson raconte la conquête de l'Élysée d'Emmanuel Macron à travers un portrait intime et souvent élogieux. "Je n'ai pas l'impression d'être hagiographique", se défend pourtant l'auteur lundi sur Europe 1.

"Une absolue subjectivité". "J'ai voulu faire un travail d'écrivain et pas de journaliste", précise d'entrée Philippe Besson, qui revendique ainsi "une absolue subjectivité". "Cela signifie à la fois de l'empathie, parfois, de la proximité et puis parfois aussi quelques coups de patte. Je pense que la proximité avec quelqu'un n'empêche ni la lucidité ni la franchise", dit-il.

Entendu sur Europe 1
La proximité avec quelqu'un n'empêche ni la lucidité ni la franchise

Des critiques assez rares. Tout au long du livre, les critiques, même feutrées, sont pourtant rares à l'encontre de celui que Besson appelle "Emmanuel M.". Encore une fois, l'écrivain repousse ces affirmations au micro d'Europe 1 : "J'explique par exemple que c'est quelqu'un qui écoute assez peu, qu'il a commis quelques erreurs, notamment au moment où il déclare que la colonisation est un crime contre l'humanité".

L'auteur d'Arrête avec tes mensonges n'est pas un croyant de la dernière heure. Il a cru au destin d'Emmanuel Macron le jour même où celui-ci a claqué la porte du gouvernement, le 30 août 2016. Mieux, en voyant l'ex-ministre de l'Économie au journal télévisé, le soir même, le romancier ne doute plus. "Il se produit en moi une chose étrange. L'apparition provoque une illumination, une révélation. Je pense : cet homme sera président un jour", écrit-il dans son livre. 

"Je le suis dans cette aventure, parce qu'elle est iconoclaste". "Je suis un électeur de gauche orphelin, qui a toujours voté à gauche et qui se retrouve à la fin du mandat de François Hollande à peu près dépité, déconcerté par un quinquennat raté et des promesses trahies. Je ne vois pas très bien qui incarne la gauche de demain et je me dis que la gauche est condamnée à perdre cette élection. Et puis surgit ce type qui s'appelle Emmanuel Macron, qui dit qu'il va essayer de rassembler les bonnes volontés de droite et de gauche. Je me dis, 'tiens, ce n'est peut-être pas si mal que ça'. J'ai un profond désir de renouvellement. C'est aussi pour ça que je le suis dans cette aventure, parce qu'elle est iconoclaste", détaille-t-il aujourd'hui.

Entendu sur Europe 1
C'est plus intéressant de s'intéresser à un souffle que de s'intéresser à des gens qui sont en train de donner le dernier souffle

"Un personnage qui décide de s'inventer un destin". Emmanuel Macron accepte rapidement la proposition d'être suivi par Philippe Besson, qui se passionne aussi vite pour la campagne du futur président. "Je suis juste impressionné par un personnage qui décide de s'inventer son destin, qui part à l'abordage comme un corsaire alors que franchement, il n'a aucune chance de gagner au départ. Donc le romancier que je suis est évidemment titillé par quelque chose qui ne devait pas arriver", confie-t-il dans Hondelatte raconte. "C'est plus intéressant de s'intéresser à un souffle que de s'intéresser à des gens qui sont en train de donner le dernier souffle", continue l'écrivain.

"La réalité le rattrape". "La campagne d'Emmanuel Macron est une des seules portées par des valeurs positives", se souvient encore Philippe Besson. "Le problème, c'est qu'aujourd'hui la réalité le rattrape et évidemment, elle n'est pas aussi optimiste et espérante que ce qu'il y avait dans la campagne".

*Avant Philippe Besson, Yasmina Reza avait suivi la campagne de Nicolas Sarkozy (L'aube, le soir ou la nuit). Cinq ans plus tard, Laurent Binet avait écrit Rien ne se passe comme prévu, un récit de la campagne de François Hollande.