Nathalie Saint-Cricq revient sur le débat d'entre-deux-tours : "On ne pouvait pas non plus les fouetter"

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Pour Nathalie Saint-Cricq, animer le débat d'entre-deux-tours entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron était "extrêmement frustrant".

INTERVIEW

"Je suis ressortie un petit peu en loque". Nathalie Saint-Cricq, aux premières loges, mercredi soir du débat de l'entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, est revenue jeudi sur Europe 1, sur ce qu'elle a qualifié de débat "extrêmement frustrant".

"On a réussi très médiocrement". "On est ressorti quand même en se demandant ce qu'on aurait pu faire de mieux pour que cela se passe mieux", reconnaît la chef du service politique de France 2 qui animait le débat aux côtés de Christophe Jakubyszyn, le responsable du service politique de TF1. "Comme c'est un exercice extrêmement codifié et que nous ne sommes pas habilités à nous mêler du débat au-delà d'une certaine façon de faire régner l'ordre, on a réussi très médiocrement, mais on ne pouvait pas non plus les fouetter", se justifie-t-elle. 

Les deux journalistes ont été moqués mercredi soir sur les réseaux sociaux, les Internautes se demandant avec ironie si les présentateurs n'avaient tout simplement pas disparu du plateau tant les deux candidats semblaient en roue libre. 

"On doit juste dire, 'il vous reste 50 secondes'". Nathalie Saint-Cricq admet qu'elle aurait aimé pouvoir réagir notamment lorsque Marine Le Pen a assuré que son adversaire était favorable à la gestation pour autrui (GPA). "On a envie de dire (à ce moment là), 'ce n'est pas qu'il est favorable à la GPA, il n'est pas favorable', mais dans ce type de débat on doit juste dire 'il vous reste 50 secondes, s'il vous plait on passe à l'Europe'", explique-t-elle. "On est ressorti de là un peu tapés".

"Un corps à corps". Difficile d'autant plus d'intervenir quand le débat prend des allures de combat de boxe. "Emmanuel Macron avait dit que ce serait un corps à corps. Cela a été un corps à corps. Au début quand ils se sont installés, ils se sont serrés la main, ils se sont regardés avec un côté 'on va voir ce qu'on va voir'. De fait on l'a vu", commente la journaliste. "Moi j'avais pensé que ça partirait de manière moins violente et pas tout de suite. Au bout d'un moment, on a compris que ça serait comme ça pendant deux heures et demi, surtout quand Marine Le Pen a commencé".

"C'est quand même affligeant". La responsable du service politique de France 2 assure toutefois que le débat était intéressant. "C'était extrêmement éclairant. Cela disait beaucoup de chose sur le caractère de Marine Le Pen, sur le caractère d'Emmanuel Macron et sur ce qui se jouait en matière d'Europe et de vision du monde", assure-t-elle. "Mais d'un point de vue éthique, effectivement, lorsque l'on voit de tels niveaux d'invectives de la part de Marine Le Pen, on se dit c'est quand même affligeant."