Marine Le Pen : l'Union européenne "est une passoire à gros trous" pour les produits comme pour l'immigration

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La candidate à l'élection présidentielle était l'invitée d'Europe 1 lundi. Elle est revenue sur sa proposition de rétablir les droits de douane aux frontières françaises.

INTERVIEW

Invitée sur Europe 1 lundi matin, Marine Le Pen a explicité son projet de rétablir les droits de douane aux frontières françaises. L'occasion pour elle de rejeter les frontières européennes aussi bien au niveau économique, que migratoire.

"Nous serons plus compétitifs". La candidate du Front national propose de rétablir des droits de douane. Réagissant à l'exemple d'Häagen-Dazs qui exporte 80% de sa production, Marine Le Pen n'imagine pas que cette mesure fera fuir les entreprises qui exportent. "Pourquoi voudriez-vous qu'elles repartent ? Au contraire ! Avec une monnaie qui est adaptée à notre économie, nos entreprises pourront exporter et les autres aussi d'ailleurs, et beaucoup plus, parce que nous serons beaucoup plus compétitifs sur le marché mondial."

"Nous serions les seuls à ne pas le faire". La candidate du Front national balaye l’argument selon lequel cette logique s’adapterait à des partenaires commerciaux bienveillants. "Ils ont eux des droits de douane, et nous n'aurions pas nous le droit d'en avoir ? Il y aurait 95% des pays du monde qui auraient la possibilité de décider de préserver tel ou tel secteur de leur économie avec des droits de douane et nous, nous serions les seuls à ne pas pouvoir le faire ? Mais bien entendu nous devons le faire", tonne Marine Le Pen.

"Une passoire". Marine Le Pen rejette l'idée d'un accord de droits de douane au niveau européen. "Cela fait 20 ans qu'on nous a dit 'effondrez vos barrières douanières intérieures. On nous a d'ailleurs dit 'Supprimez vos frontières en matière d'immigration, nous allons nous occuper de tout, nous autres, Union européenne'. Et en réalité, ils ont fabriqué une passoire à gros trous, pour les produits parce qu'il n'y a aucune protection sérieuse de notre marché dans l'UE. Et je ne parle pas des frontières migratoires, on a vu ce que ça donnait."