Marine Le Pen dénonce une "fatwa bancaire" à l’encontre du FN et annonce des plaintes

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Marine Le Pen dénonce une "fatwa bancaire" à l’encontre du FN et annonce des plaintes
@ Martin BUREAU / AFP
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La présidente du Front national a vu dans la demande de la Société générale de fermer les comptes de son parti un nouvel échelon dans la persécution. Elle a aussi annoncé le dépôt de plaintes. 

Marine Le Pen contre-attaque. Alors que la Société générale réclamela fermeture de plusieurs comptes du Front national, la présidente du mouvement frontiste a dénoncé mercredi cette initiative lors d'une conférence de presse et annoncé le dépôt de plusieurs plaintes, y compris à l’encontre de HSBC, qui, selon elle, lui a annoncé son intention de fermer son compte personnel. Pour elle, pas de doute, cette "fatwa bancaire" est "un nouvel échelon dans la persécution à l’encontre du Front national".

"Une décision politique de la part de la direction de la banque". "Avec plusieurs dizaines de milliers d'adhérents, des ressources stables et sans connaître le moindre incident de compte, le Front national s'est vu signifier sans aucune raison un bannissement bancaire de la part de la Société Générale qui était sa banque depuis de très nombreuses années, a déclaré Marine Le Pen. "Le Front national a immédiatement saisi le médiateur de la Société Générale le 11 août qui a purement et simplement refusé d'ouvrir le moindre dossier de médiation, (...) preuve qu'il s'agissait bien d'une décision politique de la part de la direction de la banque", a développé la députée. "Nous sommes donc aujourd'hui privés de nos recettes. Cette situation met le Front national face à une difficulté absolument majeure et empêche le fonctionnement normal du parti", a insisté Marine Le Pen, pour qui la banque cherche "à susciter les conditions de sa ruine et donc à terme, volonté à peine cachée, sa disparition".

"Tentative d'étouffement d'un mouvement d'opposition". "Nous sommes en présence d'une tentative d'étouffement d'un mouvement d'opposition et il est du devoir de tous les démocrates de ne pas l'accepter", a affirmé Marine Le Pen. "Il semble que les oligarchies financières qui se sentent protégées, voire encouragées par une sorte d'impunité, soient donc tentées d'intervenir de plus en plus dans le cours de la démocratie en France", a-t-elle poursuivi. Elle a notamment cité le cas de Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, qui, selon Le Canard enchaîné, aurait sanctionné Le Monde pour ses publications sur les "Paradise papers", données sur les pratiques d'évasion fiscale dans le monde, en retirant du quotidien les publicités du groupe jusqu'à fin 2017.

"Tirer toutes les conséquences". La présidente du FN a aussi lancé un appel à peine voilé au boycott de la Société générale et de sa filiale Crédit du Nord, qui a elle aussi refusé d'octroyer des facilités bancaires au parti. "Nous appelons nos cadres, nos élus,  nos électeurs, nos adhérents, nos électeurs, à en tirer toutes les conséquences et à soutenir plus que jamais le Front national et la démocratie", a-t-elle lancé.  


"Aucune considération politique", répond la Société Générale

Bien que Marine Le Pen ait affirmé qu'elle autorisait la Société Générale à lever le secret bancaire concernant le Front national, la banque s'est contenté d'une réponse laconique. "Les décisions du groupe Société Générale en matière d'ouverture et fermeture de compte sont de nature exclusivement bancaire dans le respect des exigences réglementaires, et donc sans aucune considération politique", a-t-elle fait savoir dans un bref communiqué.