Mariage gay : le premier round est terminé
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RESUME - Les députés ont débuté l’examen de la loi sur le "mariage pour tous". L'ambiance est déjà tendue.

Après plusieurs semaines de débats dans les médias mais aussi dans la rue, le projet de loi sur le mariage pour tous est enfin arrivé à l’Assemblée. Pendant deux semaines environ, les députés débattront jour et nuit, dans une ambiance forcément tendue.

# L'ESSENTIEL

• Les deux motions présentées par l'UMP, l'une de rejet , l'autre de renvoi devant les commissions, ont sans surprise été rejetée. 

• Plus de 5.300 amendements ont été déposés, en grande partie par l’UMP. Ils seront étudiés plus tard.

• Le gouvernement a décidé de ne pas avoir recours à la procédure accélérée. Chaque amendement sera donc étudié et soumis au vote.

• Côté UMP, les orateurs seront Hervé Mariton et Philippe Gosselin. On devrait aussi beaucoup voir Henri Guaino

• Au PS, la loi sera portée par le rapporteur Erwann Binet et la ministre de la justice, Christiane Taubira.

# LE MINUTE PAR MINUTE

20h36. La séance est suspendue jusqu'à 22 heures. 20h29. La motion Poisson rejetée.

On ne peut pas dire que le suspense était insoutenable... La motion de renvoi devant les commissions, soutenue par jean-Frédéric Poisson, a été rejetée par 251 voix contre 155. 

20h23. Pendant ce temps-là, Civitas... A l'appel de l'association catholique extrémiste Civitas, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à l'extérieur de l'assemblée nationale pour une prière de protestation.



20h12. "Vous parlez de communauté, nous voyons des citoyens", dit Taubira. Décidément très active, c'est Christiane Taubira qui répond à Jean-Frédéric Poisson. "Vous nous parlez de couples homosexuels qui ne veulent pas se marier. Je connais infiniment plus de couples hétérosexuels qui ne veulent pas se marier. On n'abolit pas le mariage hétérosexuel pour autant, a ironisé la garde des Sceaux. "Si le mariage est réservé uniquement à la procréation, alors le mariage devrait être interdit à ceux qui n'ont plus l'âge de procréer", a-t-elle aussi lancé.

Ce qui n'a pas plus à Jean-Frédéric Poisson :



19h56. "Pas envisageable d'entamer le débat maintenant". Après une longue démonstration, Jean-Frédéric Poisson estime que plusieurs sujets n’ont pas été abordés en commission, comme la procréation médicalement assistée ou la gestation pour autrui. Le député des Yvelines, qui a succédé sur son territoire à une certaine Christine Boutin, réclame donc le renvoi du projet de loi devant les commissions.




19h23. Place désormais à la défense d'une motion de renvoi en commission. Jean-Frédéric Poisson va défendre au nom de l'UMP une motion de renvoi du projet de loi devant les commissions parlementaires. Cette demande sera rejetée comme celle d'Henri Guaino, mais elle permet au débat de se poursuivre.

19h21. La motion de rejet de Guaino rejetée.

Sans surprise, la motion de rejet défendue par Henri Guaino a été rejetée, par 272 voix contre 169.

19h18. Mamère tacle Guaino. "Il faut reconnaître à notre collègue Guaino une certaine continuité. Celui qui a fait dire à un président de la République que l’homme noir n’est pas entré dans l’histoire, vient de nous expliquer que les couples homosexuels ne peuvent pas entrer dans l’histoire", a lâché le député écologiste.



19h11. Bertinotti appelle Guaino à "la modération". La gauche n'en finit pas de répondre à Henri Guaino. "La vision apocalyptique de l'avenir de la France que vous avez brandie n’est faite que pour générer des peurs et des angoisses. J'incite M. Guaino à beaucoup plus de modération." "Nous devions entendre un plaidoyer pour une motion de rejet, nous avons entendu des émotions", a pour sa part jugé Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des Lois. "La violence des mots masquait la fragilité des arguments".

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19h08. Pas une motion de rejet, mais une "motion de regret". Christiane Taubira a qualifié le discours d'Henri Guaino de "motion de regret du passé". "Le passé est le passé, nous travaillons pour l’avenir", a rétorqué la ministre de la Justice.

18h57. Taubira répond à Guaino. La séance reprend. Christiane Taubira prend la parole pour répondre à Henri Guaino et sa demande "très, très étonnante" d'un référendum. 

18h49. Premier (léger) incident. Alors que la séance était jusqu'alors relativement calme, une phrase de la présidente de séance, Laurence Dumont, a fâché la droite. "Messieurs les députés de la majorité, souffrez que M. Guaino termine son propos", a-t-elle lancé. "La formule que vous avez utilisée est particulièrement ambigüe", s'est plaint Christian Jacob, patron des députés UMP, réclamant une suspension de séance. "Le mot était un peu désuet, mais nullement désobligeant", s'est défendue la vice-président de l'Assemblée, avant de suspendre la séance 5 minutes.

18h45. Standing ovation pour Guaino. Henri Guaino termine son intervention en citant Mitterrand et en répétant qu"on se grandit toujours quand on donne la parole au peuple". Le député des Yvelines, qui s'est interrompu à plusieurs reprises face aux "vocifération" venues de la gauche, obtient une standing ovation et des félicitations de la part de ses collègues de l'UMP.

Pour l'ex-députée UMP Valérie Debord, l'exercice est réussi :



18h38. Guaino s'appuie sur "la manif pour tous". Pour appuyer ses propos, Henri Guaino a cité  "le million de Français descendus dans la rue, qui n'a pas manifesté contre l'amour mais pour défendre une institution". Les estimations ont pourtant fait part de 340.000 à 800.000 manifestants.  "A ces Français simples et dignes, allons-nous répondre par ces deux mots terribles, "'Taisez-vous !'?", a poursuivi le député des Yvelines.

18h33. Le député Lionnel Luca persifle sur Twitter.



18h26. Le référendum, une "obligation morale". Comme depuis plusieurs jours, sinon plusieurs semaines, Henri Guaino défend l'idée de l'organisation d'un référendum. "C'est une obligation morale", a lancé , toujours très solennel, le député des Yvelines. "Quand une décision quasiment irréversible doit être prise, seul le peuple souverain a le droit de la prendre".

18h18. "Monsieur le président... Euh, pardon !". Alors que Laurence Dumont a pris la place de Claude Bartolone au perchoir, Henri Guaino débute par "Monsieur le président... Euh, pardon ! Madame le président". L'hémicycle bruisse de quelques rires.

18h17. Parole à la droite. Après plusieurs interventions de la gauche, place désormais aux opposants du texte. C'est Henri Guaino qui ouvre le bal. Le député des Yvelines doit défendre une motion préalable de rejet, pour rejeter purement et simplement le texte.

18h11. L'intégralité du discours de Christiane Taubira.



18h04. Les interventions du Parti socialiste continuent. Après Marie-France Clergeau, c'est désormais Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des lois, qui s'exrpime. La tension et l'ambiance sont clairement retombées d'un cran. 

17h49. "Pas de gros mots dans l'hémicycle". Alors que la députée socialiste Marie-France Clergeau défend le mariage gay, elle s'interrompt. "Pas de gros mots dans l'hémicycle, s'il vous plaît,"l nce-t-elle, tournée vers la droite. On ne sait pas quel nom d'oiseau a motivé cette sortie.

17h32. Le "voeu" de Binet. En s'appuyant sur la situation dans d'autres pays, Erwann Binet a fait le" voeu" que la droite et la gauche votent ensemble pour la loi. Ce n'est pas gagné, au vu des cris de plus en plus nombreux qui s'élèvent des rangs de la droite. "Vous aurez l'occasion de répondre", s'emporte Claude Bartolone. "Il est venu enfin le temps de l'égalité", conclut le député PS, très applaudi par ses collègues de gauche.

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17h16. Erwann Binet à la tribune. Les discours de la gauche se succèdent. Place désormais à Erwann Binet, le méconnu rapporteur du projet de loi.

17h14. L'abbé Grosjean pas convaincu. Le très médiatique abbé Grosjean, très actif sur Twitter, ne semble pas convaincu par le début des débats, à savoir les discours de Christiane Taubira et Dominique Bertinotti.



17h. Bertinotti rend le relais. Après l'impressionnant discours de Christiane Taubira, Dominique Bertinotti, ministre de la Famille, prend à son tour la parole. "Plus personne ne doit être clandestin dans sa famille, dans la société, dans la République", déclame notamment la ministre.

16h57. "Nous sommes fiers de ce que nous faisons".

Alors que de plus en plus de voix s'élèvent des rangs de la droite, Christiane Taubira, provoque les applaudissements de la gauche par ces mots : "Nous sommes fiers de ce que nous faisons. A la fin de son intervention, la ministre de la Justice a droit à une standing ovation des députés de gauche.



16h45. L'histoire du mariage "s'est construite vers l'égalité".  Alors que l'hémicycle se remplit peu à peu, Christiane Taubira fait un historique de l'institution, le tout sans note. "C'est un acte d'égalité. Il ne s'agit pas d'un mariage au rabais, il ne s'agit pas d'une ruse, pas d'une entourloupe, il s'agit d'un mariage avec toute sa charge symbolique, et toutes ses règles d'ordre public", a affirmé Christiane Taubira en présentant le projet.



16h30. Le débat a commencé.

C'est Christiane Taubira, absente jusqu'alors de l'hémicycle, qui ouvre les débats en présentant son projet de loi. A noter que l'hémicycle, très plein il y a quelques minutes, sonne désormais creux.

16h23. Frigide Barjot assistera au débat. Frigide Barjot, qui s'est imposée comme le porte-parole des anti-mariage gay, assistera aux débats, selon un tweet posté par l'association "La manif pour tous" : 



16h18. Mariton "optimiste". Hervé Mariton, orateur de l'UMP sur le "mariage pour tous", veut croire que la loi ne passera pas. "Je suis un éternel optimiste. Je pense qu'il est possible de convaincre des députés socialistes qui, peut-être de bonne foi, n'ont pas vu l'inspiration assez largement anti-familiale de ce texte. Peut-être qu'avec ces arguments, il est possible de convaincre des collègues socialistes qui pourraient ne pas voter ce texte", a-t-il déclaré à quelques minutes de l'ouverture du débat.

16h03. Fin des questions au gouvernement. La séance des questions au gouvernement est terminée. Le "mariage pour tous" a finalement été peu abordé.  Reprise de la séance à 16h30.

15h31. Le "pari" d’Ayrault. Jean-Marc Ayrault a fait mardi le "pari" que "dans quelques années" la droite jugera que le mariage gay constitue une "avancée". "A chaque fois que nous avons fait avancer l'égalité dans notre pays, il a pu y avoir des résistances, des craintes, des inquiétudes", a déclaré le Premier ministre. "Mais une fois que ces lois ont été votées, elles ont été considérées, bien au-delà de ceux qui les avaient votées, comme une vraie avancée, partagée par tous et toutes, et considérée comme un acquis de la société française. Il en va de même avec notre projet de loi sur le mariage pour tous", a-t-il poursuivi.

15h27. Ambiance déjà tendue dans l'hémicycle. Alors que les questions se succèdent sur d'autres sujets, la tension est palpable à l'Assemblée nationale. L'hémicycle est plein, et les députés se font entendre quand une question ou une réponse d'un ministre ne leur convient pas. Et claude Bartolone, président de l'Assemblée, doit donner du marteau.

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15h05. Jacob demande le report du débat. Christian Jacob, président du groupe UMP, met tout de suite le sujet sur le tapis. Il dénonce une impréparation et réclame le report du débat. Ce que Dominique Bertinotti, ministre de la Famille, refuse.

15h. Début des questions au gouvernement. Officiellement, le débat sur le projet de loi ne débute qu’à 16h30. Mais le sujet ne devrait pas être absent des questions au gouvernement, qui débutent à 15 heures dans l’hémicycle. Premiers incidents en perspective ?

"C'est un acte d'égalité. Il ne s'agit pas d'un mariage au rabais, il ne s'agit pas d'une ruse, pas d'une entourloupe, il s'agit d'un mariage avec toute sa charge symbolique, et toutes ses règles d'ordre public", a affirmé Mme Taubira en présentant le projet de loi sur le mariage homosexuel.