"L'Emission politique Macron, An 1 : le verdict" : cinq invités et autant d'enjeux

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"L'Emission politique Macron, An 1 : le verdict" : cinq invités et autant d'enjeux
Léa Salamé aura jeudi soir sur son plateau les cinq représentants des plus gros partis français.@ Montage AFP
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Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Christophe Castaner, Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon seront jeudi soir sur le plateau de "L'Emission politique", sur France 2. Chacun a une carte à jouer.

Les cinq chefs des plus grands partis français réunis dans la même émission…mais pas en même temps. Jeudi soir, France 2 organise une édition spéciale de son "Emission politique" pour marquer la première année du quinquennat Macron. Marine Le Pen (FN), Laurent Wauquiez (LR), Christophe Castaner (LREM), Olivier Faure (PS) et Jean-Luc Mélenchon (FI) se succèderont donc pour répondre aux questions de la journaliste Léa Salamé. Avec à cœur, à chaque fois, de tirer son épingle du jeu.

Pour Christophe Castaner, défendre le bilan

Le secrétaire général de La République en marche! avait d'abord refusé de se prêter à l'exercice, avant de revenir contre l'assurance qu'il ne s'agirait pas d'un débat, mais bien d'un défilé successif d'interviews. Christophe Castaner aura donc plutôt intérêt à se prêter de bonne grâce au jeu des questions de Léa Salamé pour faire oublier qu'il avait repoussé la première mouture de l'émission. À la tête du parti présidentiel, sa tâche sera bien évidemment de défendre le bilan de la première année du quinquennat. L'ancien socialiste sera notamment attendu au tournant sur l'équilibre des réformes, alors que les critiques pleuvent sur une politique annoncée comme "et de droite, et de gauche", mais qui s'est finalement révélée plus libérale que sociale.

À charge aussi pour Christophe Castaner de montrer que LREM est un parti capable d'exister en dehors du gouvernement et d'être force de proposition, alors que ses détracteurs dénoncent une coquille vide. Enfin, LREM ne peut qu'avoir en tête les élections européennes qui se profilent, et pour lesquelles le parti part grandissime favori.

Pour Laurent Wauquiez, s'affirmer comme l'opposant n°1

Le leader des Républicains, Laurent Wauquiez, a déjà un créneau clair et tout trouvé auprès des Français en incarnant une ligne de droite dure. Mais celui-ci ne convainc pas vraiment, comme en témoignent les récents sondages, qui le font plafonner à 8% d'intentions de vote si la présidentielle se rejouait maintenant. En interne, on regrette le manque d'idées nouvelles et une opposition frontale à la politique gouvernementale qui vire parfois au réflexe pavlovien.

L'enjeu pour Laurent Wauquiez est donc de s'affirmer comme leader de l'opposition aux yeux de sa propre famille politique et de certains militants LR, qui demandent encore à être convaincus. S'il a bien ses afficionados, le président du premier parti de droite doit prouver qu'il sait rassembler et proposer. À charge pour lui, donc, de ne pas tomber dans les éléments de langage anti-Macron maintes fois répétés. Histoire d'enfin occuper la place très prisée d'opposant n°1, pour l'instant plutôt occupée par Jean-Luc Mélenchon.

Pour Jean-Luc Mélenchon, adoucir et confirmer

Le leader de la France Insoumise est déjà bien installé comme opposant à Emmanuel Macron. À l'Assemblée nationale, les députés FI ont vite trouvé leur place et le moyen de se faire entendre. Pour Jean-Luc Mélenchon, l'exercice consistera donc avant tout à confirmer ce statut et dérouler une ligne politique bien connue.

Néanmoins, le passage du député de Marseille sur France 2 sera scruté avec attention, tant les relations entre l'élu et la chaîne du service publique sont tendues. Ulcéré par les questions qu'on lui avait posées lors de son dernier passage, Jean-Luc Mélenchon n'avait pas hésité à pourfendre ce média sur son blog en des termes très durs. Le risque reste donc pour lui de se braquer, s'énerver, et potentiellement renforcer son image d'homme colérique.

Pour Marine Le Pen, montrer qu'elle tient la barre

La présidente du Front national a perdu du poil de la bête depuis le second tour de la présidentielle. Laminée lors du débat d'entre-deux tours, Marine Le Pen a ensuite eu des problèmes de dos qui l'ont empêchée de siéger à l'Assemblée, puis s'est faite discrète pendant des mois. Le congrès de son parti, au mois de mars, s'est déroulé dans une atmosphère étrange, au milieu de militants plus forcément convaincus que la fille de Jean-Marie, cofondateur du parti, est la meilleure personne pour diriger le FN.

Dans "L'Emission Politique", Marine Le Pen aura donc à cœur de montrer qu'elle tient toujours la barre du navire frontiste. Et qu'elle constitue bien une opposition de poids, alors qu'à l'Assemblée, elle et ses collègues ont parfois du mal à se faire entendre. Pour cela, la présidente du Front national pourrait développer une position claire pour son parti en vue des élections européennes, qui sont l'occasion de reprendre des thèmes qui lui sont chers (identité, nationalisme, monnaie unique…)

Pour Olivier Faure, se faire un nom

Un peu moins de deux mois qu'Olivier Faure a accédé à la tête du Parti socialiste, et le miracle ne s'est pas produit. Le PS n'est pas plus audible qu'auparavant. La meilleure preuve étant qu'au départ, son leader n'était même pas invité à "L'Emission politique"... Le nouveau Premier secrétaire a donc à peu près tout à gagner en participant à l'émission, qui peut être une occasion de se faire un nom. Et de faire oublier sa prestation douloureuse lors du débat entre les candidats à la tête du PS, début mars. L'exercice étant différent, puisqu'Olivier Faure n'aura pas à rebondir sur les interpellations de ses adversaires, celui-ci peut tirer son épingle du jeu.

Surtout, l'ancien président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée va devoir développer une ligne politique claire, lui qui semblait, avec Stéphane Le Foll, être un candidat moins franchement opposé à la ligne d'Emmanuel Macron qu'un Emmanuel Maurel. Il lui avait notamment fallu justifier une abstention lors du vote de confiance au gouvernement d'Edouard Philippe… "L'Emission politique" peut être l'occasion d'être force de proposition pour montrer que le PS est encore capable de nourrir le débat d'idées.