Le Pen relance (et tempère) son projet de sortie de l'euro

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Marine Le Pen a affirmé dimanche son intention de "poser le problème" de la sortie de l'euro après son élection et après la tenue des législatives en Allemagne.

REPORTAGE

Depuis le début de sa campagne, Marine Le Pen n'a quasiment jamais mis en avant sa volonté de sortir de l'euro. La candidate d'extrême-droite à l'élection présidentielle est consciente qu'elle agite un épouvantail pour les électeurs de droite. Mais dimanche, en meeting à Lille sur des terres du Nord ancrées à gauche, elle a osé réaffirmer son credo.

Entendu sur Europe 1
Je poserai le problème à nos partenaires européens et à l'issue de la négociation je soumettrai cette question au referendum des Français.

"À partir du moment où l'euro n'a pas apporté les promesses de prospérité et de pouvoir d'achat que ses promoteurs nous avaient vendues, serait-il illégitime de poser le problème ?" La formule est volontairement rassurante alors que son projet n'a pas changé. "Élue je poserai le problème à nos partenaires européens et à l'issue de la négociation je soumettrai cette question au referendum des Français", a insisté Marine Le Pen. "C'est eux qui auront le dernier mot."

"Avec 1.500 balles, on ne fait plus rien". À la sortie, les sympathisants nordistes associent la sortie de l'euro avec la relance du pouvoir d'achat. "Avec 10.000 francs on faisait quelque chose. Aujourd'hui avec 1.500 balles on ne fait plus rien", dénonce l'un. Mais certains reconnaissent que ce n'est pas si simple.



Modération. "C'est l'aspect qui fait peur un petit peu dans le programme mais il faut y croire et toute personne qui s'y intéresse peut voir que c'est possible", assure un autre sympathisant. "On a vécu comme ça pendant des années, des siècles, et le reste des pays suivront si la France sort."

Marine Le Pen surveillera la situation des pays voisins avant de lancer la sortie de l'euro : si elle est élue, elle attendra les élections en Allemagne, prévues en septembre, pour initier les négociations. Un nouveau signe de modération.

Manifestation anti-Le Pen

Environ 450 personnes selon la police et la CGT ont manifesté dimanche après-midi dans le centre de Lille pour protester contre la venue de Marine Le Pen. Le rassemblement, fixé à 15H00 place du marché de Wazemmes, à plus de deux kilomètres du Zénith de Lille où était attendue la candidate FN, s'est ensuite poursuivi dans les rues de la capitale des Flandres. Il a pris fin peu avant 17H00, sans débordement, seuls quelques pétards ayant été lancés.