Le grand bond en arrière du Front national

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Marine Le Pen, après un score décevant à la présidentielle, n’atteindra pas forcément l’objectif qu’elle s’est fixé pour les législatives : faire du FN la première force de l’opposition.

L'ÉDITO POLITIQUE

La re-diabolisation est en marche ! Le FN voit se dresser face à lui à nouveau la digue du Front Républicain, François Baroin abandonne le "ni-ni" et prône le désistement du candidat LR arrivé troisième en cas de triangulaire pour faire barrage au FN, c’est le retour en arrière. Le parti de Marine Le Pen est déclaré infréquentable, doit être contenu, réduit, voire interdit d’accès à l’Assemblée nationale.

Un nouvel échec aux législatives ? Cette re-diabolisation, Marine Le Pen elle-même l’a enclenchée le soir de son face-à-face avec Emmanuel Macron en exhumant l’outrance de son père, et des discours fragiles et inquiétants sur l’économie. Certes, des députés FN feront leur entrée à l’Assemblée nationale, les sondages lui accordent entre 15 et 30 sièges. Mais si le Front Républicain est respecté partout, dans des duels seul contre tous et sans triangulaires, arracher 15 élus et donc un groupe à l’Assemblée sera déjà un sacré tour de force. Loin pourtant de l’objectif proclamé par Marine Le Pen de faire du FN le premier parti de l’opposition.

Changer ou mourir. Le FN version Marine Le Pen est en fin de cycle. Celui ouvert par le congrès de Tours en janvier 2011, le cycle de la dédiabolisation l’a porté au second tour de la présidentielle mais ne lui permet pas de pouvoir l’emporter. Il faut tout changer, à commencer par le programme, en abandonnant définitivement l’idée d’une sortie de l’Euro qui ne rapporte pas une voix et en fait perdre beaucoup. Le procès en préparation de Florian Philippot, fervent partisan de la fin de l'Euro, est déjà ourdi en coulisses, son éventuelle défaite aux législatives en scellera l’issue.

La présidente dans la tempête. Le parti doit aussi changer son nom : la marque FN, vieille de 45 ans, est incompatible avec le discours de changement que Marine le Pen a essayé d’incarner et qu’Emmanuel Macron lui a soufflé. Le FN fait partie du monde ancien. Changer le programme, le nom et le chef ? C’est le dernier étage : sur ce point, Marine Le Pen évidemment n’est pas menacée, aucun concurrent sérieux, aucun prétendant, ce qui ne veut pas dire, bien au contraire, que les changements qu’elle va devoir mettre en œuvre la préserveront d’une période de crise et de critiques. Attention : avis de gros temps au FN au lendemain des législatives.