Les uns veulent une dissolution, les autres un virage à gauche

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Les uns veulent une dissolution, les autres un virage à gauche
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RÉACTIONS - La démission surprise du gouvernement Valls force les politiques à accélérer leur rentrée.

Arnaud Montebourg aime ferrailler et a pris l'habitude de multiplier les petites phrases. Mais sa dernière sortie, demandant au gouvernement un changement de politique économique, a pris une autre dimension : lassé de ces tensions internes, Manuel Valls a présenté lundi la démission de son gouvernement.et doit dévoiler une nouvelle équipe mardi. Une nouvelle qui a pris de court les politiques, encore tout à la préparation de leur rentrée.

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Depuis, leurs réactions se résument en deux messages principaux : y a-t-il un pilote dans l'avion ? Comment le futur gouvernement va-t-il concilier les différents courant de la majorité ? Notre résumé en quelques déclarations et tweets.

L'UMP appelle de ses voeux de nouvelles élections. Qu'ils soient fillonistes, copéistes, sarkozistes, etc., le message est le même : les élus de droite aimeraient bien profiter de ce remaniement pour organiser de nouvelles élections législatives, histoire de reconquérir la majorité. Voire une élection présidentielle. Le député et secrétaire général adjoint de l'UMP Franck Riester a ainsi lancé un appel à la dissolution sur Twitter, tout comme l'ancien ministre Thierry Mariani.

NKM et Christian Estrosi ont martelé peu ou prou le même message, estimant que François Hollande se retrouve sans majorité parlementaire. Nadine Morano a, elle, préféré l'attaque frontale, estimant que le président de la République "ne comprend décidément rien à la France".

Laurent Wauquiez a, lui, préféré dresser un bilan personnel des deux premières années de François Hollande :

Dans ses tweets, François Fillon a lui un jugement plus nuancé :

L'aile gauche de la majorité espère (faussement) un autre Premier ministre. Parmi les contestataires socialistes, on préfère anticiper l'étape suivante et, pourquoi pas, un départ de Manuel Valls. Gérard Filoche, grande gueule de l'aile gauche du PS, avance ainsi que Manuel Valls est "minoritaire, oui".

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, en tire la conclusion que la France a besoin d'un vrai virage à gauche :



Clémentine Autain, membre du Front de Gauche, va plus loin en suggérant de profiter de cette crise pour lancer le débat sur la VIe République :

Le FN n'attend rien de la nouvelle équipe. Par la voix de son vice-président, Florian Philippot, le Front national a prévenu qu'il n'attendait aucune amélioration. "Ce gouvernement, ce pouvoir est devenu une sorte de bateau ivre. La solution était-elle de refaire une espèce de remaniement comme on l'a fait il y a quelques mois en passant de Jean-Marc Ayrault à Manuel Valls? Non, je crois que c'est reculer pour mieux sauter, parce qu'on conduira la même politique".

Même tonalité chez le député européen Bruno Gollnisch, qui fait dans la métaphore scolaire à quelques jours de la rentrée :



En fin de matinée, Marine Le Pen a apporté sa contribution en appelant, au nom du parti d'extrême-droite, à une dissolution de l'Assemblée nationale.

La réaction inattendue : les marchés applaudissent. Dans la foulée de l'annonce de la démission du gouvernement Valls, le taux d'emprunt à 10 ans de la France est tombé à un nouveau plus bas historique lundi matin sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise. En clair, les investisseurs se félicitent de ce remaniement et anticipent un nouveau gouvernement plus en adéquation avec leurs vues.

Vous souhaitez lire encore plus de réactions politiques ? Découvrez notre modération Twitter sur la démission du gouvernement :