Le député Juanico quitte le PS pour rejoindre Benoît Hamon

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Le député Juanico quitte le PS pour rejoindre Benoît Hamon
Le député Régis Juanico, proche de Benoît Hamon, vient de rejoindre celui avec lequel il milite depuis 28 ans.@ PATRICK KOVARIK / AFP
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Ce très proche de Benoît Hamon était jusqu'ici resté fidèle au PS. Mais il confie au JDD avoir "une forme de lassitude" face à un parti "immuable", plombé par le quinquennat Hollande.

Le député Régis Juanico, proche de Benoît Hamon, a annoncé au JDD qu'il quittait le Parti socialiste pour rejoindre Génération.s., le mouvement de l'ancien candidat PS à la présidentielle. Invoquant "une forme de lassitude" face à un parti qui ne se transforme pas et au "boulet" du quinquennat Hollande, l'élu de la Loire a néanmoins reconnu qu'il s'agissait d'une "décision lourde, qui n'a pas été facile à prendre".

Militant avec Hamon depuis 28 ans. Selon cet ancien trésorier de la campagne de Benoît Hamon, qui ira au congrès de Generation.s. le week-end prochain à Grenoble, ses "convictions" et sa "fidélité à Benoît Hamon, avec qui (il) milite depuis vingt-huit ans", ont joué dans son choix. "J'éprouve une forme de lassitude vis-à-vis de l'appareil du PS, immuable dans son fonctionnement", affirme ce député de la Loire, qui souhaite néanmoins continuer à siéger au sein du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée comme apparenté. Comme on lui demande pourquoi il fait ce choix maintenant, il avance que "nous traînons encore comme un boulet au pied le dernier quinquennat".

Attaques contre François Hollande. Et il attaque l'ancien président de la République : "Je n'ai pas envie d'organiser le service après vente du livre de François Hollande, ni sa tournée promotionnelle, ni son retour en politique. Il considère encore qu'il a perdu à cause des 'frondeurs' alors que nous étions des lanceurs d'alerte". "Il semble découvrir aujourd'hui que son ancien protégé, Emmanuel Macron, est libéral et penche à droite, alors qu'il était l'un de ses conseillers les plus influents sur le plan économique et qu'il l'a nommé ministre. C'est lui qui lui a donné les clés du camion", lance-t-il encore. 

Cap sur les européennes. S'il "ne souhaite pas un PS durablement affaibli", Régis Juanico considère qu'"il ne sera plus jamais hégémonique" et qu'il "faudra donc rassembler le plus largement possible, sinon la gauche sera laminée et durablement écartée du pouvoir". Pour les élections européennes de 2019, il ne souhaite "pas forcément" que Benoît Hamon soit la tête de liste de son mouvement. "S'il y a un rassemblement avec EELV et au-delà, je souhaiterais que nous puissions avoir une personnalité qui incarne l'écologie et la justice sociale tout en faisant l'unanimité comme tête de liste", expose le député de la Loire, "persuadé que Génération.s. peut être la surprise de cette élection".