La primaire écologiste "ne sert à rien d'autre qu'affaiblir l'écologie" pour de Rugy

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François de Rugy, ancien député EELV, jette un regard très sévère sur la stratégie adoptée par les Verts pour la présidentielle.

INTERVIEW

Comme la gauche de gouvernement et la droite, les écologistes auront leur primaire. Europe Ecologie-Les Verts a en effet approuvé l'idée d'un scrutin pré-présidentielle après la défection de Nicolas Hulot. Une initiative qui s'attire l'incompréhension, voire le mépris de François de Rugy. "Ils vont se réunir, être quelques candidats, auront peut-être quelques milliers d'électeurs, pour faire ensuite 1% à l'élection présidentielle", a déclaré le député de Loire-Atlantique, ancien membre d'EELV qui en a claqué la porte il y a un an, vendredi sur Europe 1.

Une primaire inutile et décriée. Selon lui, qui préfère se lancer dans le scrutin organisé par le Parti socialiste, cette primaire "ne sert à rien d'autre qu'à affaiblir l'écologie". "Je crois que c'est en s'inscrivant dans un rassemblement plus large qu'on peut faire avancer l'écologie", a-t-il estimé. De fait, le député a quitté le groupe écologiste en mai dernier pour rallier celui des socialistes à l'Assemblée. Favorable à l'entrée des écologistes au gouvernement, il a soutenu François Hollande à plusieurs reprises.

"Beaucoup de choses n'ont pas été faites". À tel point que certains, comme Arnaud Montebourg, le soupçonnent de n'être qu'un candidat fantoche à la primaire, destiné à rouler pour le candidat Hollande au second tour. Une hypothèse que de Rugy réfute. "Je n'aime pas le dénigrement permanent, la vie politique française en souffre", a-t-il déclaré pour justifier son soutien à François Hollande. "Pour autant, à la fin d'un mandat, le temps est venu de faire le bilan et d'avoir un moment d'explication et de proposition pour l'avenir. En tant qu'écologiste, je pense que beaucoup de choses n'ont pas été faites, et que beaucoup sont à faire."

Charge contre Montebourg. François de Rugy ne s'est par ailleurs pas privé de répondre vertement aux soupçons d'Arnaud Montebourg et son entourage. "Je peux comprendre qu'Arnaud Montebourg n'ait pas tellement envie qu'il y ait la voix écologiste dans cette primaire puisqu'il s'est échiné, quand il était ministre, à être systématiquement anti-écolo", a-t-il lancé. "Il est pro-nucléaire, il voulait refaire du gaz de schiste. Pour moi, il incarne vraiment l'économie d'hier, cette façon de regarder en arrière au lieu de se projeter dans l'avenir, dans le progrès." Seule bonne nouvelle, aux yeux de François de Rugy : l'ancien Vert et l'ancien ministre de l'Économie pourront avoir un "vrai débat". Reste encore à confirmer qu'Arnaud Montebourg participera bien à la primaire, et ne se lancera pas en cavalier seul. Ce qui n'est pas encore assuré.