Whirlpool : la Pologne juge "malvenue" la déclaration de Macron en faveur de sanctions contre elle

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Whirlpool : la Pologne juge "malvenue" la déclaration de Macron en faveur de sanctions contre elle
Les propos d'Emmanuel Macron "c'est du populisme à l'état pur", a de son côté asséné le vice-ministre des Affaires étrangères.
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"Sur le dossier de Whirlpool, dans les trois mois qui suivront mon élection, il y aura une décision prise sur la Pologne", avait lancé Emmanuel Macron.

Varsovie a qualifié de "malvenue" la déclaration du candidat d'En Marche ! à la présidentielle française Emmanuel Macron en faveur de "sanctions" européennes contre la Pologne. "Nous ne sommes pas d'accord pour que la Pologne soit utilisée ainsi dans la campagne électorale en France", a déclaré le porte-parole du gouvernement polonais Rafal Bochenek à l'agence nationale PAP.

Délocalisation de Whirlpool. Emmanuel Macron avait évoqué jeudi, dans une interview à La Voix du Nord, d'éventuelles sanctions contre la Pologne dans le contexte de la délocalisation d'une usine Whirlpool d'Amiens à Lodz, en Pologne, qui doit conduire à la mise au chômage de quelque 290 ouvriers français. Cette question s'est retrouvée sur le devant de la scène à l'occasion de visites parallèles à Amiens, mercredi, d'Emmanuel Macron et de sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen. Le candidat d'En Marche ! y avait reçu un accueil houleux.

"Des tendances protectionnistes". "Ce genre de propos montre que des tendances protectionnistes sont toujours présentes au sein de l'UE, tendances qui affectent négativement le développement du marché libre et vont clairement à l'encontre des valeurs qui doivent être à la base de la construction de l'UE", a poursuivi Rafal Bochenek. "Le fait que des sociétés décident de transférer leurs filiales des bords de la Seine en Pologne prouve que la Pologne est un État qui crée des conditions favorables aux entrepreneurs", a ajouté le porte-parole polonais.

"Du populisme à l'état pur". Les propos d'Emmanuel Macron, "c'est du populisme à l'état pur", a de son côté asséné le vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires européennes Konrad Szymanski. "Jusqu'à présent, Emmanuel Macron flétrissait Marine Le Pen comme la méchante qui met en doute le sens de l'intégration européenne", a dit Konrad Szymanski sur la radio publique. Mais, par ces déclarations, "il montre que, dans ce cas précis, il est difficile de voir une différence entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, qui se présentait jusqu'à maintenant comme un candidat éminemment pro-européen."

Une décision prise "dans les trois mois". Il ne peut y avoir de pays "qui joue des écarts fiscaux sociaux au sein de l'Union européenne et qui est en infraction de tous les principes de l'Union", dit Emmanuel Macron dans son interview, en défendant notamment sa proposition d'harmonisation fiscale et sociale dans l'UE. S'il reconnaît que des sanctions ne sont pas possibles sur un éventuel dumping social, le candidat réclame des poursuites inédites de l'Union via l'article 7 du traité de l'UE. "Sur le dossier de Whirlpool, dans les trois mois qui suivront mon élection, il y aura une décision prise sur la Pologne. Je mets ma responsabilité sur la table sur ce sujet", a-t-il lancé.