LA PHOTO – À l'Assemblée nationale, "la vie extérieure est entrée dans l'Hémicycle"

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LA PHOTO – À l'Assemblée nationale, "la vie extérieure est entrée dans l'Hémicycle"
Les députés de la quinzième législature de la Ve République ont fait leur rentrée à l'Assemblée, mardi.@ Patrick Kovarik/AFP
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Le photographe Patrick Kovarik était à l'Assemblée nationale, mardi, pour l'ouverture de la quinzième législature. Et a pu capturer l'ambiance "rentrée des classes" de cette journée.

MAKING OF

Chaque semaine, Europe1.fr vous propose un regard décalé sur l'actualité politique, dans l'objectif d'un photographe de l'AFP.

Après une semaine de rentrée administrative, les députés ont fait leurs premiers pas à l'Assemblée nationale mardi. Alors qu'une large part des élus le sont pour la première fois, cette séance inaugurale a pris des allures particulières. Patrick Kovarik, photographe à l'AFP, raconte à Europe1.fr comment il a essayé de traduire en image le renouvellement de l'Hémicycle.

  • Choisir le moment

C'était au tout début de l'ouverture de la nouvelle session de l'Assemblée nationale, mardi, juste avant que le doyen, Bernard Brochand, fasse son discours. J'étais avec d'autres photographes dans ce qu'on appelle la "loge des guignols", [une tribune située à l'extrême-droite de l'Hémicycle, NDLR]. J'étais chargé de faire des photos de tous les nouveaux députés un peu emblématiques, comme Jean-Luc Mélenchon ou François Ruffin.

Mais à un moment donné, j'ai constaté que beaucoup de députés prenaient eux-mêmes des clichés dans l'Hémicycle. Cela fait 38 ans que je travaille à l'AFP, je viens à l'Assemblée nationale depuis très longtemps. Et pourtant, c'était la première fois que je voyais ça.

  • Décrire une ambiance

D'habitude, tout est toujours un peu identique à l'Assemblée. Les gens sont tous les mêmes, en costume sombre. Mais là, les nouveaux députés étaient tous très, très curieux de l'endroit qu'ils allaient investir. C'était une ambiance de rentrée des classes, un peu plus dissipée que d'habitude.

J'avais envie de montrer le fait que les choses changent à l'Assemblée.
Patrick Kovarik, photographe à l'AFP

On avait l'impression que la vie extérieure était entrée dans l'Hémicycle. Dans la rue, on voit tout le monde prendre des photos avec son smartphone tout le temps. Ici, jamais.

  • Réfléchir au cadrage

Je suis un peu frustré. J'aurais aimé peaufiner mon cadrage, ce qui n'a pas été possible car nous avions un temps très, très limité pour travailler. Il y avait deux rotations de photographes, ce qui est normal lorsque nous sommes nombreux, mais nous n'avons eu que cinq ou six minutes pour faire nos photos. L'organisation était différente, je ne sais pas exactement à quoi c'est lié. Quoi qu'il en soit, il est très étonnant que nous n'ayons pas pu rester tout le temps de la séance dans l'Hémicycle.

  • Donner du sens à une image

J'avais envie de montrer le fait que les choses changent à l'Assemblée. Il y avait de quoi faire entre la chemise de Ruffin et la non-cravate de Mélenchon. Mais ce député qui faisait une photo panoramique, il me semblait que cela résumait bien la situation. Surtout que sur sa photo à lui, sur son smartphone, on voit les colonnes de l'Hémicycle. Mais le symbole aurait été meilleur si ça avait été une femme.