La droite attaque l'unité nationale après l'assassinat de deux policiers

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La droite attaque l'unité nationale après l'assassinat de deux policiers
Image d'illustration @ CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Nous sommes loin de l'unité nationale de janvier et novembre 2015. Au lendemain de l'assassinat de deux policiers, la droite demande des comptes à l’exécutif. 

Alors qu'après les attentats de Paris en janvier et novembre 2015, l'unité nationale primait, au lendemain de l'acte terroriste contre deux policiers, c'est plutôt l'absence d'unité nationale qui marque le monde politique. Cette fois-ci, la droite demande des comptes à l'exécutif, un véritable tournant politique. Dès 8h30 mercredi matin, Nicolas Sarkozy, le président des Républicains, a en effet demandé, dans un communiqué, que le gouvernement adapte sans délai le niveau de vigilance.

A la manière de Donald Trump. De son côté, Alain Juppé réclame des comptes. Il souhaite connaitre les moyens déployés depuis novembre ainsi que leurs résultats. Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, veut également que la riposte contre les terroristes monte d’un cran. La droite met donc en cause le couple exécutif, un peu à la manière de Donald Trump qui a attaqué Barack Obama au lendemain du massacre d’Orlando.

"Mon premier devoir c’est de vous protéger". L'unité nationale n'aura donc pas tenu le temps du deuil cette fois-ci car, alors que le président de la République déclarait lors de ses vœux aux Français, "mon premier devoir c’est de vous protéger", pour la droite, cet acte terroriste est celui de trop. Un acte qui met en doute la capacité du chef de l’Etat à nous protéger. Marine Le Prn l'a d'ailleurs dit elle-même, "le gouvernement ne protège pas les Français"

Un jeu politicien. C'est donc un jeu politicien qui se déroule et une partie de la droite joue avec le feu en agitant le débat sur l'internement des individus fichés S. Placer en centre de rétention des individus sans qu’ils aient été jugés par un tribunal est, en effet, incompatible avec les traités européens et avec notre constitution. Quand l'opposition demande des comptes à l'exécutif, elle est donc dans son rôle. Mais elle va devoir aussi s’expliquer sur ses postures qui consistent un jour à applaudir debout le président de la République à Versailles lorsqu’il propose la déchéance de nationalité pour les terroristes pour finalement ne pas la voter.

En attendant le signal de l’unité nationale comme riposte politique à la guerre contre le terrorisme n’aura même pas fait illusion. Voilà une défaite symbolique dont on aurait pu se passer.