La diplomatie selon Macron : "On ne fera pas de petites concessions, même symboliques"

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La diplomatie selon Macron : "On ne fera pas de petites concessions, même symboliques"
Emmanuel Macron estime pouvoir construire une "relation cordiale" avec Donald Trump.@ Peter Dejong / POOL / AFP
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Le président de la République a fait ce week-end ses premiers pas parmi les grands de la planète, et a esquissé les contours de sa diplomatie auprès du JDD.

C’était l’un des moments les plus attendus et les plus scrutés du G7. La poignée de main entre Donald Trump et Emmanuel Macron a donné lieu a de nombreux commentaires, le président américain ayant pris l’habitude de saluer ses interlocuteurs avec une vigueur par laquelle il semble vouloir affirmer son ascendant. "Ma poignée de main avec lui, ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique mais un moment de vérité", a reconnu Emmanuel Macron auprès du JDD, en marge de cette rencontre.

Donald Trump "est plus ouvert qu’on ne le croit". Une rencontre en demi-teinte pourtant : concernant l’accord de Paris, les dirigeants du G7 n’ont fait qu’acter leur désaccord, alors même que la pérennisation de cet accord universel sur le climat, largement remis en cause par Donald Trump pendant sa campagne présidentielle, était l’un des principaux enjeux de la rencontre. Le président américain a remis sa décision sur ce dossier à plus tard. "Le Donald Trump que j’ai rencontré avait envie de comprendre et d’écouter", nuance cependant le nouveau président de la République. "Il est plus ouvert qu’on ne le croit, il aime le contact direct et il est capable de changer de position. Etant donné la manière dont il fonctionne, je pense que je peux construire avec lui une relation cordiale", assure-t-il.

Installer des "dialogues bilatéraux". Pour le président qui faisait, à l’occasion de la réunion à Taormine des chefs d’Etats de sept des plus grandes puissances économiques de la planète, ses premier pas dans la diplomatie internationale de haut vol, il était essentiel d’affirmer son indépendance, sans pour autant glisser dans l’affrontement avec ses homologues. "Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques, mais ne rien surmédiatiser non plus", explique-t-il à l’hebdomadaire. "Donald Trump, le président turc ou le président russe sont dans une logique de rapport de forces, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l’invective publique mais dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c’est comme cela qu’on se fait respecter".

L’échange d’Emmanuel Macron avec le président turc Recep Teyyip Erdogan s’est quant à lui révélé plus fructueux. L’un des sujets de la conversation : l’enfermement depuis trois semaines dans une geôle turque du photographe français Mathias Depardon. "Le résultat, c’est que ce matin [samedi, ndlr], nous avons obtenu l’accès consulaire pour Depardon. Et on ne va pas s’arrêter là. Ma méthode, c’est de toujours fixer de nouveaux rendez-vous de suivi pour que les choses progressent".

Nos assaillants jouent sur les vulnérabilités des grandes démocraties

Une diplomatie de la persuasion par petites touches donc, qui doit permettre aux participants du G7 de trouver des consensus, de resserrer progressivement les liens malgré les désaccords. Un enjeu de taille face à la menace terroriste, insiste Emmanuel Macron : "Dans un contexte de menace terroriste, nous savons que nos assaillants jouent sur les vulnérabilités des grandes démocraties. C’est donc important que l’OTAN ou le G7 sachent construire des consensus, alors que les alliés, depuis des mois, avaient affiché parfois des intentions divergentes".