La co-officialité du corse et du français divise le gouvernement et les élus locaux

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Le gouvernement a assuré vendredi que la co-officialité de la langue corse et du français n’est "pas envisageable". Les élus nationalistes corses, Gilles Simeoni en tête, refusent de céder sur cette revendication.  

INTERVIEW

Les discussions entre le gouvernement et les élus nationalistes corses s’annoncent longues. Le gouvernement a déclaré vendredi soir, par la voie de Jacques Gourault (ministre auprès du ministre de l'Intérieur et chargée du dossier corse), que la co-officialité de la langue corse et du français n’est "pas envisageable".

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, invité d’Europe 1, a refusé dans la foulée de céder sur cette revendication de longue date des nationalistes. "Pour nous, cette mesure est plus qu’envisageable : elle est indispensable et nécessaire. Ce point est un désaccord fondamental entre notre position et celle du gouvernement", a déclaré le dirigeant nationaliste.

"La langue corse nous est aussi nécessaire que l’air que nous respirons." La co-officialité de la langue corse et du français, exige une révision de la Constitution, ce que le Premier ministre Edouard Philippe avait semblé écarter le 12 décembre. Jacqueline Gourault, en visite à Ajaccio vendredi, s’est inscrite dans cette ligne, déclarant que "la langue de la République française est le français."

"Nous n’envisageons pas de céder sur ce point car nous considérons que la langue corse fait partie de notre identité. Elle nous est aussi nécessaire que l’air que nous respirons. C’est pourquoi il faudra aboutir à ce statut de co-officialité", a réagi Gilles Simeoni.

"Notre volonté est de sortir de la logique de crise." Le président du conseil exécutif corse a tout de même exprimé sa volonté d’aboutir à une solution avec le gouvernement. "C’est bien parce qu’il y a des points fondamentaux qui n’ont jamais été traités qu’il y a une situation de crise. Notre volonté est de sortir de la logique de crise pour aller vers une logique de construction partagée", a conclu le président du conseil exécutif de Corse.

Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les deux dirigeants nationalistes corses, avaient salué vendredi midi à Ajaccio un "déblocage" dans les discussions sur l'avenir de l'île de Beauté, après leur première rencontre avec Jacqueline Gourault