Jean-Paul Paloméros : "Le général de Villiers savait qu'on ne peut pas perdre de temps et a fortiori pas d'argent"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

L'ancien chef d’état-major de l’Armée de l’air de 2009 à 2012 est revenu au micro d'Europe 1 sur la démission de Pierre de Villiers.

INTERVIEW

Le général Pierre de Villiers a donné lui-même sa démission de chef de l’état-major des armées mercredi. Jean-Paul Paloméros, ancien chef d’état-major de l’Armée de l’air de 2009 à 2012, a analysé cette décision dans la matinale d'Europe 1, jeudi. 

"Il se battait pour ses troupes, pour ses budgets". "C'est un moment qu'on n'attendait pas. C'est un moment très particulier. C'est à la fois une suite d'événements et des problèmes de fond. C'est une conjonction, une incompréhension aussi entre le président  et le chef d'Etat-major. Le général de Villiers, c'est un légitimiste, c'est un grand chef qui croit en nos institutions, qui les a défendues. Il n'y a aucune ambiguïté dans son esprit. Il a pu apparaître au travers de certains propos tenus devant la commission de la Défense qu'il se battait pour ses troupes, pour ses budgets, c'est sans doute ça qui a lancé toute cette polémique. Ensuite, ça a dégénéré malheureusement", regrette Jean-Paul Paloméros. 

L'ancien chef de l'Etat-major de l'Armée de l'air défend et comprend la position du général démissionnaire : "Le général de Villiers regarde d'où on vient et regarde les ambitions qui sont celles du pays aujourd'hui. Il regarde aussi les opérations que nous menons contre le terrorisme, à l’extérieur, à l'intérieur, et il voit que tout ça a un prix, nécessite un investissement. Pour lui, chaque coupe budgétaire est une sorte de faiblesse."

"Chaque coupe budgétaire est grave". Le budget de la Défense doit être amputé de 850 millions qui auraient dû normalement payer des fusils d'assaut pour remplacer les Famas à bout de souffle, des équipement high tech pour les unités de renseignement qui luttent contre le terrorisme ou encore des véhicules ultra-performant pour les forces spéciales. "Chaque coupe budgétaire est grave dans la mesure où notre modèle est tendu, poursuit Jean-Paul Paloméros. "La France a des ambitions. Aujourd'hui l'Angleterre et l'Allemagne dépensent plus que nous en Défense sans être engagés au même niveau que nous. On a une dépense efficiente, il n'y a pas de trop. Le général de Villiers savait qu'on ne peut pas perdre de temps et a fortiori pas d'argent. Maintenant ces 580 millions d'euros, il faut voir dans quelles conditions ils vont être reportés sur l'avenir", nuance le militaire. "Cela ne va pas être une annulation pure et simple de commandes. Il va y avoir un report sur les années qui viennent."