Jean-Marie Le Pen : "Le 1er mai, on verra bien si je suis aussi seul"

  • A
  • A
Partagez sur :

EXTRÊME DROITE - Le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, a fustigé la décision de sa fille de supprimer le traditionnel défilé du 1er mai. Et lancé son propre appel.

INTERVIEW

Six mois après son exclusion du parti, Jean-Marie Le Pen est bien décidé à mettre des bâtons dans les roues du Front national. A ceux qui pensent qu'il ne pèse plus rien au sein du parti frontiste, l'ancien président d'honneur a lancé une nouvelle bravade, mercredi au micro d'Europe 1. "Il paraît que le FN va renoncer à son défilé du 1er mai. J'invite tous les gens qui se considèrent sans peur et sans reproche à se retrouver place des Pyramides le 1er mai. Je m'adresserai à eux et on verra bien si je suis aussi seul", a t-il déclaré.

Dépoussiérer le 1er mai. La place des Pyramides, dans le 1er arrondissement de Paris, accueille une statue équestre de Jeanne d'Arc devant laquelle l'extrême droite se retrouve tous les ans pour la fête du travail depuis 1988. Mais cette grand-messe frontiste n'est plus du goût de Marine Le Pen et ses proches, qui la jugent archaïque. Sans remettre en cause le principe d'un événement le 1er mai, la présidente du Front national veut dépoussiérer cette manifestation pour donner une meilleure image de sa formation. Mais pour Jean-Marie Le Pen, cette rupture avec la tradition s'apparente à une trahison.

Une "main tendue" à Marine Le Pen. Le fondateur de la formation frontiste a envoyé, mardi, une lettre ouverte à Marine Le Pen pour "organiser un rassemblement des volontés patriotiques fidèles à la ligne politique d’un changement décisif" et réclamer la réunion d'un Comité central "avant les vacances de l’été 2016", avec à l’ordre du jour "la question de [s]on exclusion". "C'est une main tendue à Marine Le Pen et la direction du Front national", a expliqué Jean-Marie Le Pen mercredi. "Il faut que les raisons qui ont conduit à mon exclusion disparaissent, qu'on aille tous d'un même élan vers la victoire possible aux présidentielles et législatives."

"Pas de succès" sans réhabilitation. L'ancien leader frontiste considère donc sa réintégration au parti comme une nécessité. "Si cette condition n'est pas remplie, selon moi, il n'y aura pas de succès", a-t-il jugé. Jean-Marie Le Pen a également égratigné la stratégie de sa fille, qui a décidé de se mettre en retrait de la scène médiatique depuis le début de l'année. Aux interviews, la présidente du Front national a en effet préféré l'ouverture d'un blog, "Carnets d'espérance", dans lequel elle ne mentionne par le Front national mais s'affiche avec les Français (et ses chats). "Si Marine Le Pen n'occupe plus la place qui est la sienne dans l'espace médiatique, elle sera oubliée, son influence et son audience seront oubliées", a prévenu son père.

"J'ai renoncé" à la présidentielle. Dans le cas où son appel à sa réhabilitation ne serait pas entendu, Jean-Marie Le Pen prévoit déjà de fonder son propre mouvement politique. "Je réunirai les gens qui ne se sentent pas en accord avec cette décision d'exclusion pour qu'ils puissent combattre sous leur drapeau pour la France." En revanche, celui qui a déjà été candidat cinq fois à l'élection présidentielle ne compte pas rempiler. "J'ai renoncé à ça", a t-il expliqué. "Mais je ne peux pas m'abstraire du combat politique jusqu'à la mort. Je ne serai pas libéré du devoir que j'ai de servir mon pays."