Jean-Marie Le Guen : "Je n’appellerais pas ça 'Tout pour la France' mais 'Tout pour les riches'"

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Invité de la matinale d'Europe 1, le secrétaire d’Etat des Relations avec le Parlement a dénoncé les propositions formulées par Nicolas Sarkozy dans son dernier livre "Tout pour la France".

INTERVIEW

Au lendemain de l’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat des Relations avec le Parlement, a reconnu mardi au micro d’Europe 1 qu’il s’agissait d’une démarche "importante". Concernant le livre que publie l’ancien chef de l’Etat, "il écrit un certain nombre de choses qui resteront, peut être au-delà de la primaire. En tout état de cause, il y a du contenu et matière à critiquer", a relevé le responsable politique, qui fustige "des mesures précises dirigées vers une certaine clientèle." 

Des propositions pour les plus riches. "Je n’appellerai pas ça Tout pour la France mais 'Tout pour les riches', ça c'est sûr", ironise Jean-Marie Le Guen. Ce proche de François Hollande dénonce un candidat qui, sur les questions sécuritaires et migratoires "se rapproche des questions du Front national", et sur les questions économiques et sociales "s’adresse peut-être à 5% des plus riches". "Je suis le premier à dire qu’il faut une politique pour l’entreprise, mais toutes les propositions fiscales de Nicolas Sarkozy s’adressent aux individus riches, pas aux entreprises", martèle Jean-Marie Le Guen.

Un programme clivant. Surtout, Jean-Marie Le Guen blâme la vision très conservatrice de l’identité nationale défendue par celui qui est encore président des Républicains. "Je crois à l’identité d’une France qui se bat dans la mondialisation et pour la cohésion sociale. Ce programme est un programme de rupture entre les Français, ce n’est pas un programme de rassemblement", a déclaré le secrétaire d’Etat. "Je pense que François Hollande sera devant, si Nicolas Sarkozy est désigné dans cette primaire. Je le crois et je l’espère, parce qu’'il nous faut un candidat du rassemblement républicain." Selon lui, "peu de républicains peuvent voter le programme de Nicolas Sarkozy."

"Assimilation pure et simple". Concernant l’Islam, Jean-Marie Le Guen a également estimé que Nicolas Sarkozy a "une manière de traiter les musulmans qui est irrespectueuse". L’ancien chef de l’Etat propose notamment l'interdiction du voile à l'université et la fin des menus de substitution dans les cantines. "Je critique fondamentalement l’idée d’une assimilation pure et simple", a déclaré le secrétaire d’Etat, toujours au micro d’Europe 1. "Obliger les petits Français dans les cantines à manger du porc... Est-ce que vous croyez que c’est à la hauteur d’une politique de laïcité et de combat contre l’islamisme radical ? Non, c’est un irrespect, c’est une violence faite aux enfants, par exemple les enfants juifs qui n’en mangent pas. Je ne comprends pas que l’on ne puisse pas avoir une attitude ouverte sur ce détail."

Le monopole de la France. Nicolas Sarkozy "n’a pas le monopole de la France, et la France républicaine, celle à laquelle je crois, c’est une France qui rassemble pas une France qui divise", conclut Jean-Marie Le Guen.