"Je n’y crois plus", "dégoût", "bon gâchis"… à Chalon-sur-Saône, les mots d’un électorat désabusé

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Dans la sous-préfecture de Saône-et-Loire, l'abstention avait atteint des niveaux records en 2012, et ce scénario pourrait bien se reproduire en 2017, à en croire les électeurs.

REPORTAGE

À moins d'une semaine du premier tour de la présidentielle, moins de 7 électeurs sur 10 se disent certains d'aller voter. Dimanche, le premier parti de France pourrait bien être celui des abstentionnistes. Europe 1 s’est rendu à Chalon-sur-Saône, dans deux quartiers où l'abstention avait atteint des sommets en 2012 : 58 % au premier tour contre 21 % à l'échelon national. Cette année, les habitants que nous avons rencontrés ne semblent guère plus convaincus par le scrutin.

De nombreux abstentionnistes. Il y a peu d’intérêt pour l’élection et la politique en générale, explique-t-on dans un quartier populaire dont les barres d’immeuble se vident petit à petit. "Je ne vais pas voter. J’ai reçu mas carte d’électeur, elle est sur un bureau et elle ne va pas bouger", déclare Clément, un jeune du voisinage. "Ça ne sert à rien", estime-t-il.

"Avant j’y croyais, maintenant, je n’y crois plus", avoue de son côté Julien, le tenancier d’un café. Il a toujours voté jusqu’ici, mais cette fois, il s’abstiendra. "Avec tout ce qu’ils ont dit qu’ils allaient faire… Il y a du chômage partout, ça empire de jour en jour. Les boîtes intérim vous trouvent encore moins de travail. Les gens se sauvent", explique Julien.

Les affaires minent le moral des électeurs. Les affaires sapent un peu plus la confiance des électeurs qui fréquentent son bureau de tabac. Francisco, par exemple, pense aller jusqu’au bureau de vote dimanche, mais ce sera sans entrain. Il parle de "dégoût" de la vie politique, d’un "bon gâchis". "Les affaires de Fillon, de Madame Le Pen, au PS aussi… […]. Je paye trois fois plus d’impôts qu’avant. J’ai le sentiment que les classes moyennes, on s’en fout."

Un vote contestataire. Finalement, ceux qui se disent le plus sûr d’aller voter, ce sont les plus âgés : "J’ai voté plutôt à gauche, ce coup-là, je vais leur rentrer dans le lard", explique au micro d’Europe 1 une retraité sans oser parler du Front national. "Je ne prononce pas le nom, mais ce sera ça", avoue-t-elle. "C’est un choix de contestation, mais je n’ai pas confiance en ce en quoi je vote". De l’abstention à la contestation, les urnes, à Chalon-sur-Saône, pourraient bien, cette année encore, sonner creux.