Gilles Boyer sur l'affaire Fillon : "c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses"

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Après avoir soutenu Alain Juppé dans le combat de la primaire, le conseiller politique fait front avec François Fillon dans la course à la présidentielle. Pour lui, tout se jouera à la toute fin de la campagne.

INTERVIEW

Après avoir dirigé la campagne de la primaire d'Alain Juppé et en avoir tiré l'ouvrage Rase campagne (Lattès) paru mercredi, Gilles Boyer est désormais le trésorier de François Fillon. Le conseiller politique était l'invité de C'est arrivé cette semaine, samedi en direct depuis le Salon de l'Agriculture, au lendemain de l'ouverture d'une information judiciaire dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs visant la famille du candidat de la droite.

Le projet de Macron... "à supposer qu'il existe". "Le parquet a estimé qu'il n'avait pas toute les informations requises pour prendre lui-même une décision sur la suite de la procédure. Il a confié cette tâche à un juge d'instruction", souligne Gilles Boyer, qui espère que l'affaire aboutira à un non-lieu, plutôt qu'à une mise en examen ou une citation comme témoin assisté. Proche de Juppé, auquel François Bayrou s'était rallié à la primaire, Gilles Boyer doit faire face maintenant à la décision de François Bayrou de s'allier à Emmanuel Macron. Un coup dur pour François Fillon.

"Alain Juppé avait été d'une clarté exemplaire du lendemain de la défaite jusqu'à aujourd'hui : il soutient sans réserve François Fillon. Parmi ceux qui avaient voté pour lui à la primaire, certains étaient attirés par un rassemblement au delà de la stricte droite républicaine et sont tentés par la démarche d'Emmanuel Macron. Je les invite à bien regarder son projet à supposer qu'il existe."

Entendu sur Europe 1
Si j'ai appris une chose dans cette campagne aux côtés d'Alain Juppé, c'est que c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses.

Emmanuel Macron a lui aussi donné un coup à son adversaire de la droite, expliquant que Fillon ne pouvait pas être garant des institutions après l'affaire Pénélope. "François Fillon a fourni toutes les explications demandées, ce qui n'est pas le cas de tous les candidats qui sont actuellement mis en cause dans des affaires judiciaires", se justifie Gilles Boyer, visant directement Marine Le Pen qui refuse de se rendre aux convocations de la police dans le cadre de l'enquête sur ses assistants parlementaires.

Les sondages, seuls indicateurs... qui ont induits en erreur. Dans les derniers sondages, la présidente du Front national reste en tête, et Macron devance Fillon. "Si j'ai appris une chose dans cette campagne aux côtés d'Alain Juppé, c'est que c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses, ce sera vrai aussi dans cette campagne présidentielle. Il y a des péripéties dans une campagne, des bonnes et des mauvaises nouvelles. Les seuls indicateurs dont nous disposons, ce sont les sondages. Pour la primaire, ils nous ont induit en erreur. Beaucoup de Français feront sans doute leur choix dans les derniers jours, voire les dernières heures, et peut-être que ce qui s'est passé il y a trois semaines n'aura plus aucune importance à leurs yeux au moment de décider."