Gérard Larcher : le 49.3 ressemble à "une fin de vaudeville"

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Pour le président du Sénat, invité mercredi de la matinale d'Europe 1, le passage en force du gouvernement sur le projet de réforme du Travail sonne le glas du quinquennat. 

INTERVIEW

Manuel Valls a annoncé mardi, devant les députés, l’utilisation du 49.3 pour faire passer la réforme du Travail. La droite a quitté l’hémicycle après cette annonce. Pour Gérard Larcher, président du Sénat, le passage en force du gouvernement, pour la seconde fois, ressemble à "une fin de vaudeville […] avec un IVe acte où tout le monde se retrouve."

Vaudeville. "Que la droite et le centre ne participent plus à ce vaudeville c’est normal, c’est naturel, c’est une saine réaction politique. Et à l’heure où on parle beaucoup de VIe République, le président doit dire merci à la Ve qui lui permet de tenir", a détaillé le responsable au micro de la matinale d’Europe 1 pour justifier le départ des députés de droite. "J’ai dit il n’y a pas si longtemps, à votre micro, que c’était un quinquennat pour rien, on est au crépuscule de ce quinquennat", poursuit le sénateur des Yvelines qui, filant la métaphore, ajoute : "Et il y aura la nuit salvatrice où chacun pourra présenter ses propositions aux Français qui choisiront."

Alors que les députés frondeurs peuvent encore déposer une motion de censure mercredi, avec les communistes et les écologistes, la droite a déjà fait savoir que ce ne serait pas son cas. "Les Français ont besoin de clarté. La droite et le centre ce n’est pas la même chose que la gauche", explique Gérard Larcher.

Nouvelle proposition de loi. L’élu a notamment indiqué qu’il y aurait une proposition de loi par le Sénat à la suite du débat sur la réforme du Travail. "Nous reprendrons nos propositions", assure-t-il. Le projet du gouvernement était ressorti de sa lecture au Sénat extrêmement libéralisé. "Le seul point positif c’est l’article 2, sur l’accord d’entreprise", estime celui qui fut le dernier ministre du Travail de Jacques Chirac à propos du point le plus contesté de la réforme. "Lutter contre le chômage, et notamment le chômage de longue durée […], c’est ça l’objectif qu’on doit se donner, qu’on s’appelle Martinez ou Larcher !", conclut-il.