François Fillon, un report qui en dit long

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François Fillon, un report qui en dit long
François Fillon serait convoqué par des juges d'instruction.@ AFP
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Mercredi, François Fillon a reporté sa visite au Salon de l’agriculture, pour une raison encore inconnue. Un cafouillage de plus dans une campagne devenue presque impossible.

Un passage incontournable pour un candidat à la présidentielle, ajourné pour des raisons inconnues. Mercredi matin, François Fillon a reporté au dernier moment sa visite au Salon de l’agriculture, avec l’envoi aux journalistes d’un communiqué lapidaire à 8h10, heure à laquelle il devait déjà traverser les allées du grand raout agricole de Paris.



Sur place, l’équipe du candidat n’était au courant de rien et prend connaissance du report en même temps que les journalistes. Invité de France Inter, Jérôme Chartier a avoué ne pas être au courant de ce report, lui qui est pourtant un des membres de la garde rapprochée de l’ancien locataire de Matignon. "J’espère que ce n’est pas pour des raisons de sécurité", affirme-t-il, visiblement pas au courant du motif de cette absence. J’attends les explications, (…) j’apprends la nouvelle exactement comme vous, commente de son côté Laurent Wauquiez sur LCI.

Candidat bunkerisé. La campagne de François Fillon s'enlise depuis plusieurs semaines. En métropole ou en Réunion, partout où il va, François Fillon est chahuté par les opposants, au son des casseroles et des slogans comme “Fillon démission”. Des images catastrophiques pour un candidat qui a tenté de relancer sa campagne à plusieurs reprises, en tentant d’allumer des contre-feux. En parlant notamment de  la “quasi guerre-civile” qui sévirait selon lui en France. Et on organisant la riposte sur le plan régalien avec la présentation prévue samedi de ses propositions en matière de collectivités territoriales, d’institutions et d’Islam.

Rien n’y fait : sur le terrain, les déplacements de François Fillon ne ressemblent à aucun de ceux des autres candidats à la présidentielle. Comme le note Le Monde, mercredi, le candidat est devenu "bunkerisé" : il évite tout contact avec la foule, préfère les lieux clos, privilégie les rencontres avec les élus locaux et esquive les journalistes. Dans ces conditions, difficile de s’adonner aux traditionnels bains de foule deux mois avant une élection présidentielle. Mercredi, c’est un large cordon qui devait protéger le candidat de la droite, lui évitant un face-à-face avec des opposants et une nouvelle séquence ratée.

Convocation par les juges d’instruction. Sur le plan judiciaire, tout est également devenu plus compliqué avec l’ouverture d’une information judiciaire, vendredi, alors qu’il avait misé sur sa probité lors de la campagne de la primaire. "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?", avait-il lancé en août dernier à Sablé-sur-Sarthe, en référence aux affaires qui poursuivaient Nicolas Sarkozy. Selon le JDD, il aurait reçu une convocation des juges d’instruction, ce qui pourrait à la fois expliquer le report de sa visite au Salon de l’agriculture et donner lieu à une possible mise en examen. Il va s'exprimer à midi depuis son QG.