Femmes: les candidats en service minimum

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Femmes: les candidats en service minimum
La plupart des candidats se prononcent pour l'églité salariale entre hommes et femmes.@ MAXPPP
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A l’occasion de la Journée des femmes, Europe1.fr scrute les programmes en la matière.

Année d’élection présidentielle oblige, la Journée des femmes de jeudi aura forcément un écho particulier. Plusieurs organisations féministes ont commencé à interpeller les candidats à l'Elysée, bien décidées qu’elles sont à faire du combat pour l'égalité hommes-femmes un thème majeur de la campagne en obtenant des engagements concrets. Pour l’heure, la plupart des candidats ont fait de ce thème un chapitre pas forcément central de leur programme. L'égalité salariale fait consensus, pas le ministère au Droit des femmes. Par ailleurs, certains se démarquent par des propositions parfois musclées, telle Marine Le Pen. Inventaire.

Ceux qui n’en parlent pas… ou pas encore. Nulle trace de proposition sur le droit des femmes parmi les 30 propositions figurant dans le programme de Dominique de Villepin. "Il avait prévu plusieurs choses pour la Journée des femmes, mais il a tout annulé pour se consacrer sur l’acquisition de ses 500 parrainages", précise-t-on au QG du candidat, où l’on affirme aussi que le projet du candidat ne sera pas modifié.

Du côté de Philippe Poutou non plus, le droit des femmes n’est pas spécifiquement abordé dans le programme. Mais le candidat du NPA se rendra tout de même à la manifestation parisienne jeudi, et ses militants diffuseront un tract, qu’Europe1.fr s’est procuré, dans lequel figurent plusieurs propositions, parmi lesquelles l’égalité salariale, la gratuité de la contraception ou encore une loi-cadre sur les violences faites aux femmes. Mais là encore, le programme officiel ne devrait pas être retouché.

Enfin, le dernier candidat à n’avoir pas abordé le sujet, ni en public ni sur son site de campagne, n’est autre que Nicolas Sarkozy. Logique, puisque le président-candidat n’a pas encore dévoilé la totalité de son programme. "Il parlera de ce sujet en temps et en heure", précise-t-on à son QG. "Pour l’heure, il n’y a aucun discours prévu sur ce thème". En déplacement à Saint-Just-Saint-Rambert, dans le Forez, jeudi, le chef de l’Etat n’a pas prévu d’évoquer le thème. Mais, indiquent ses proches, il n’est pas impossible qu’il aborde le sujet s’il est interrogé.

La consensuelle égalité salariale. Tous les candidats qui se sont prononcés sur la question sont d’accord : il faut imposer l’égalité salariale homme-femme dans les entreprises. Et pour la faire respecter, tous proposent des sanctions financières, sans toujours, comme François Bayrou, Corinne Lepage, Nicolas Dupont-Aignan ou Nathalie Arthaud, détailler les modalités de ces sanctions. François Hollande propose la suppression des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises en faute, quand Eva Joly penche pour la suppression des aides publiques.

Un ministère du Droit des Femmes ? Tous les candidats ne proposent pas la création d’un tel ministère, appelé de leurs vœux par les associations telles qu’Osez le féminisme. En fait, les trois "grands" candidats de gauche ont formulé cette proposition. Avec quelques nuances :  un ministère du Droit de femmes pour François Hollande, un ministère du Droit des femmes et de l’Egalité pour Jean-Luc Mélenchon, un ministère de l’Egalité pour Eva Joly.

Des autres candidats, seule Marine Le Pen s’est ouvertement prononcée contre. "Les femmes sont les égales des hommes, elles sont des citoyennes à part entière, expliquait-elle mi-février à Elle.fr. "Elles doivent donc trouver des réponses à leurs préoccupations dans l’ensemble des ministères de la République."

Les autres propositions. Certains candidats avancent d’autres idées pour tenter de gagner le vote féministe.  François Bayrou annonce la création d’un observatoire de l’égalité, quand Jean-Luc Mélenchon promet une loi pénalisant la discrimination et les injures à caractère sexiste. Eva Joly propose de son côté la transformation du congé parental en crédit-temps à disposition des deux parents, la mise en place de 400.000 places de crèche supplémentaires et la réouverture des centres d'IVG. Enfin, Corinne Lepage assure dans son programme que si elle est élue, " le financement public sera supprimé pour tout parti politique ne présentant pas 50 % de femmes aux élections". La candidate écologiste est aussi la seule, avec François Hollande, à promettre un gouvernement tarifaire en cas de victoire.

Le cas Le Pen. Sur cette question comme sur d’autres, Marine Le Pen se démarque nettement de ses concurrents. Elle est ainsi la seule à proposer la mise en place d’un salaire parental, représentant 80% du Smic pendant trois ans pour un deuxième enfant, et quatre ans supplémentaires pour un troisième enfant. La candidate frontiste, admettait sur Elle.fr qu’il y a de "grandes chances pour que les femmes soient les premières à en profiter".
 
 La présidente du FN est également la seule à remettre ouvertement en cause le droit à l’avortement. "Si la situation économique impose des choix à faire, je mettrai en place le déremboursement de l’IVG, sauf en cas de viol", a-t-elle précisé à plusieurs reprises.

Sondage : Hollande encore devant. Selon un sondage LH2 pour Yahoo publié mardi, les Français font d'abord confiance à François Hollande (à 22%) pour favoriser l'égalité hommes-femmes, devant Nicolas Sarkozy (13%), François Bayrou (11%) et Marine Le Pen (10%). Viennent ensuite Eva Joly (6%) et Jean-Luc Mélenchon (6%), les autres candidats recueillant 1%. Cependant, 27% des personnes interrogées ne citent aucun des candidats.

La situation en quelques chiffres. Selon les dernières statistiques, en 2009 les femmes françaises gagnaient en moyenne 20% de moins que les hommes dans le secteur privé à temps de travail équivalent. L’écart est de 15% dans le public. Conséquence de ces écarts, les retraites des femmes étaient en 2008 de 833 euros (hors pensions de réversion versées aux veuves) pour les femmes et de 1.743 euros pour les hommes.

Par ailleurs, environ 20% des députés et sénateurs sont des femmes. Et en 2011, il y avait 20,8% de femmes dans les conseils d'administration du CAC 40 (15,3% en 2010 et 10,5% en 2009) et 2% de femmes PDG.