Le 1er mai gâché de Marine Le Pen

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Le 1er mai gâché de Marine Le Pen
@ KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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Jean-Marie le Pen, Femen, Marine Le Pen et son père ont bien participé au défilé du 1er mai... mais ils ont bien pris soin de ne pas se croiser. 

Jeanne d’Arc ne parviendra pas à réunir le père et la fille en ce 1er mai. Marine et Jean-Marie Le Pen ont bien participé, tous les deux, au traditionnel défilé du FN vendredi à Paris, mais ils ont bien pris soin de ne pas se croiser, Jean-Marie Le Pen allant même jusqu'à jouer les trouble-fêtes au moment du discours de sa fille. Récit. 

Deux gerbes. Chacun a d'abord déposé, de son côté, une gerbe au pied de la statue de la pucelle d’Orléans, place des pyramides. Signe que la discorde entre la présidente du FN et son père, après les propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz et le maréchal Pétain, est toujours d’actualité. On est en effet loin de l’image de 2014, où la présidente du Front national et son père avaient déposé une gerbe côté à côte, posant ensemble pour la photo.

>> En 2014 :



Le président d’honneur est donc arrivé sur les lieux vers 10h30, environ 30 minutes après sa fille et le début de la marche. Protégé par le service d’ordre du parti, il s’est frayé tant bien que mal un chemin à travers une petite foule de militants, sous des cris de "Jean-Marie, président". Il a ensuite déposé sa gerbe, murmurant "Jeanne, au secours", selon certains témoins. 

>> En 2015 :

Jean-Marie Le Pen s'impose sur l'estrade. Les militants se sont ensuite mis en marche derrière une bannière "La France fait front", et sous des cris aussi variés que "on est chez nous", "Marine présidente" ou même "Florian (Philippot) président". Direction la place de l’Opéra, où une estrade a été dressée pour le discours de Marine Le Pen prévu pour midi ... mais qui fut légèrement perturbé, d'abord par le patriarche du FN. Jean-Marie Le Pen, non convié sur l'estrade - officiellement réservée aux nouveaux élus départementaux du parti - s'est en effet imposé en montant et en saluant la foule, ignorant sa fille déjà au pupitre. Il est ensuite reparti de la place en voiture, ne souhaitant pas écouter le discours. Joint dans l'après-midi par Europe 1, il a affirmé qu'il ne s'exprimerait pas publiquement avant lundi soir, jour du bureau politique du parti. 

Jean-Marie Le Pen

© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Les Femen perturbent encore le défilé. Trois militantes des Femen s'exhibant seins nus depuis le balcon d'un hôtel place de l'Opéra ont ensuite interrompu durant cinq bonnes minutes le discours de Marine Le Pen. Elles ont ensuite été évacuées avec force par le service d'ordre du Front National et selon FranceTV, le mouvement féministe va déposer plainte contre X pour "violences" (toutes les infos dans cet article).

Femen

© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Peu avant, deux Femen tatouées "Le Pen fasciste" avaient aussi tenté de prendre à partie Marine Le Pen. Débarquant seins nus au moment de l’arrivée de la présidente du parti venue déposer une gerbe au pied de la statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides, les deux féministes ont immédiatement été évacuées par le service d’ordre du FN. Elles ont plaquées à terre, tandis qu'on leur masquait la bouche pour les empêcher de s'exprimer.

Femen

© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Un discours d'une heure ... teinté de féminisme. Vers midi, la présidente du parti a enfin repris son discours, commençant par un hommage à Jeanne-d'Arc (ce que faisait traditionnellement son père) teinté de féminisme. "Il est paradoxal, quand on se dit féministe, de tenter de perturber un hommage à Jeanne d'Arc", a-t-elle lancé à l'égard des Femen. "Quel modèle pour toutes les femmes du monde !", a lancé la présidente frontiste au sujet de la pucelle, citant ensuite Olympe de Gouges, Camille Claudel et d'autres femmes célèbres pour leur combat en faveur de l'émancipation des femmes. Le discours, inhabituellement long (une heure) a ensuite bifurqué sur les thèmes traditionnels du FN : crise sociale, crise économique, Europe, immigration etc. "Nous avons des ambitions immenses. Les régions demain. La nation après-demain", a-t-elle conclu. 

Valls dénonce "le spectacle effrayant de l'extrême droite". Le Premier ministre Manuel Valls a pour sa part dénoncé vendredi dans un tweet le "spectacle effrayant d'une extrême droite qui ne change pas", après l'expulsion violente des militantes Femen et une agression de journalistes rapportée par Canal +. "Retenir du 1er mai les conquêtes et le progrès social, plutôt que le spectacle effrayant d'une extrême droite qui ne change pas", a tweeté Manuel Valls.

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