En quête de renouvellement, le PS change de tête samedi

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En quête de renouvellement, le PS change de tête samedi
Le Parti socialiste tente le pari du renouvellement avec de nouveaux députés et des membres de terrain@ AFP
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Le Parti socialiste se réunit samedi pour se doter d'une nouvelle direction collégiale, constituée de sept hommes et sept femmes, pour redonner un second souffle au parti en difficultés.

Le changement, c'est maintenant ! Réuni en Conseil national samedi, le Parti socialiste va se donner une nouvelle direction collégiale d'une quinzaine de membres placée sous le signe du renouvellement, dont devraient être absents les proches de Benoît Hamon.

Un parti à reconstruire. "Tout est à refaire, de la cave au grenier", résume la maire de Nantes Johanna Rolland qui, à 38 ans, incarne la jeune garde d'élus du PS prête à impulser un nouvel élan au parti après les dernières déroutes électorales. Chassé de l'Élysée après le quinquennat de François Hollande, réduit à une trentaine de députés à l'Assemblée et pris en étau entre la République en marche! et la France insoumise, le PS d'Épinay se sait arrivé à un tournant.

Une direction collégiale. Le premier secrétaire et figure emblématique du parti Jean-Christophe Cambadélis en a tiré les conséquences en annonçant son départ au soir du second tour des élections législatives, pour passer la main à une direction collégiale dont la composition sera dévoilée samedi dans un hôtel parisien du XIVe arrondissement. De sources concordantes, elle comprendra 14 noms - sept hommes, sept femmes - et quelques "membres de droit", comme le patron des députés PS Olivier Faure, le trésorier Jean-François Debat ou encore la présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen, Christine Revault d'Allonnes.

Pas de Benoît Hamon. Démissionnaire du PS et fondateur du Mouvement du 1er juillet, Benoît Hamon n'en sera évidemment pas. Et ses proches, comme Guillaume Balas, non plus, "coincés" par le départ de leur chef de file et candidat à la présidentielle, selon un cadre du parti. "Ils ont décidé de ne rien demander", ajoute cette même source. Entre 60 et 100 CV - selon les sources - ont afflué ces derniers jours à Solférino et Jean-Christophe Cambadélis a multiplié les consultations.

Anciens ministres et élus locaux. Les anciens ministres Matthias Fekl et Najat Vallaud-Belkacem sont naturellement pressentis pour prendre les rênes, comme les députés Valérie Rabault, Laurence Dumont, Luc Carvounas, l'eurodéputé Emmanuel Maurel, les hommes d'appareil Rachid Temal et François Kalfon ou encore le premier fédéral de Paris et proche d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire. Il y a aussi un fort consensus pour intégrer des élus locaux, incarnant la "gauche de terrain" à l'image de la présidente de la Région Occitanie Carole Delga.

"Il faut montrer notre volonté de faire bouger les choses". En revanche, plusieurs "quadras" ont exprimé en privé leur volonté de ne pas voir certains "historiques" s'adjuger un rôle dans la direction, comme les proches de François Hollande Julien Dray, Stéphane Le Foll ou François Rebsamen. "Il ne s'agit pas de faire du jeunisme, d'exclure des camarades qui n'ont pas démérité, mais il faut montrer notre volonté de faire bouger les choses, avec de nouvelles pratiques et de nouveaux visages", résume, diplomatiquement, Jean-François Debat.

Une refondation idéologique. Surtout, chacun insiste sur la nécessaire refondation idéologique du parti qui prendra du temps. "Politiquement, il y a un espace entre le social-libéralisme et une forme de gauchisme, sans que cela ne soit le retour à la social-démocratique telle que nous l'avons connue", veut croire Johanna Rolland.