Revivez la dernière interview du 14-Juillet de François Hollande

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Revivez la dernière interview du 14-Juillet de François Hollande
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Les résultats économiques, le Brexit et le cas Macron ont été au menu du chef de l’Etat, qui s'est aussi projeté vers 2017. 

L'ESSENTIEL

Dernier 14-Juillet pour François Hollande. En tout cas pour ce quinquennat. Le président de la République a répondu pendant 45 minutes, jeudi, aux questions de Gilles Bouleau et David Pujadas sur TF1 et France 2. Brexit, Euro 2016, bilan économique ont été notamment au menu du chef de l’Etat, également très attendu sur le cas d’Emmanuel Macron, son ministre de l’Economie, qu'il a recadré sans l'exclure du gouvernement. Et François Hollande a aussi livré quelques indices sur sa candidature à la présidentielle de 2017.

>>  Revivez les temps forts de l’interview de François Hollande :

13h55. La droite ? "dislocation sociale". Le FN ? "Dislocation républicaine". François Hollande parle longuement politique, en taclant violemment ses adversaires potentiels pour 2017. "L’idée majeure, celle qui m’anime, qui pourrait justifier d’aller devant les Français, c’est de faire en sorte que notre pays puisse être maître de son destin, qu’il y ait la cohésion. Nationale, sociale et culturelle. Aujourd’hui, ce qui nous menace ? Je regarde les propositions qui sont faites face à la gauche. Proposition de dislocation républicaine, de séparation d’opposition des Français autour d’une identité crispée. Je parle du Front national, vous l’avez reconnu. Faire ce qui arrive en Grande-Bretagne, qu’on quitte l’Union européenne, qu’on abandonne la monnaie unique, qu’on soit enfermés dans les barrières dans des barbelés", lance-t-il. 

Puis place à la droite. "L'autre risque c'est la dislocation sociale, la diminution de droits, l’abandon d’un certain nombre de protection, la retraite, le droit du travail, le Smic, abandonner les 35 heures. Bien sûr, il y a des impatiences, des critiques, et elle porte sur ma personne. Mais il y aura à un moment cette nécessité de faire que la France puisse avance, être un grand pays et ne pas abandonner son modèle sociale ou pire, son modèle républicain."

13h51. L'état d'urgence levé le 26 juillet. François Hollande confirme que l'état d'urgence, déclenché après les attentats du 13 novembre, ne serait pas prolongé au-delà du 26 juillet. "Cet état d'urgence, j'ai considéré qu'il fallait le prolonger jusqu'au moment où nous puissions être sûrs que la loi pouvait nous donner des moyens nous permettant de prévenir la menace terroriste avec efficacité", déclare le président de la République en référence à la loi sur la procédure pénale promulguée en juin. "Je veux donc dire très clairement aux Français qu'on ne peut pas prolonger l'état d'urgence éternellement. Ça n'aurait aucun sens, ça voudrait dire que nous ne serions plus une république avec un droit qui pourrait s'appliquer en toutes circonstances", ajoute le chef de l'Etat.

13h46. Barroso chez Goldman Sachs ? "Moralement inacceptable". François Hollande condamne la récente embauche de José Manuel Barroso par Goldman Sachs. "Ça ne relève pas de l’Europe, ça révèle de la morale. M. Barroso a été président pendant 10 ans de la Commission européenne au moment où il y a eu cette crise provoquée par les subprimes, dont Goldman Sachs a été l’un des établissements phares. Goldman Sachs qu’on retrouve aussi dans l’affaire grecque, puisque c’est elle qui conseillait les Grecs et qui maquillait les chiffres que la Grèce avait donnés à l’Union européenne. Et on apprend quelques années plus tard que M. Barroso va rejoindre Goldman Sachs. Juridiquement, c’est possible, mais moralement, c’est inacceptable", tranche-t-il. 

13h43. "Le Royaume Uni ne peut pas avoir dehors ce qu’il avait dedans. C’est fini !" "Il y a une décision que les Britanniques ont prises", déclare François Hollande au sujet du Brexit. "C’est leur choix. Il faut donc que la Première ministre dépose cette notification indispensable à la négociation. Je lui ai dit au téléphone, avec toute la courtoisie nécessaire, en la félicitant. Mais l'Europe ne doit pas être paralysée. Et le Royaume-Uni ne peut pas avoir dehors ce qu’il avait dedans. C’est fini !"

13h41. sur le coiffeur de l'Elysée : on peut me faire tous les reproches, mais pas celui-là.Interrogé sur le coiffeur de l'Elysée, payé près de 10.000 euros brut par mois, François Hollande riposte : "J’ai vu ça. J’ai fait diminuer le budget de l’Elysée. J’ai supprimé 10% des effectifs de l’Elysée. J’ai baissé mon salaire. Pour ce qui concerne les frais de coiffure, il y avait des frais extérieurs, j’ai préféré que ce soit fait ici. On viendrait me chercher sur un sujet, dont je ne suis pas d’ailleurs le premier responsable ? J’ai diminué mon salaire, j’ai diminué l’effectif de cette maison. On peut me faire tous les reproches, sauf celui-là", a-t-il insisté. 

13h38. Une meilleure situation en 2017. François Hollande défend une nouvelle fois son bilan. "Il y aura moins de déficits, moins d’impôts pour les Français, moins pour les entreprises par rapport à 2012. J’aurais permis à notre pays d’être dans une meilleure situation en 2017", affirme-t-il.

13h32. "La loi Travail est une bonne loi, conforme à mes valeurs". Le chef de l'Etat défend une nouvelle fois la loi El Khomri, et particulièrement les accords d'entreprise. "Une entreprise fait face à une situation et veut signer un accord avec des syndicats. Ce n’est pas possible aujourd’hui. On va permettre avec cette loi qu’il puisse y avoir des accords qui permettent de donner un mieux à l’entreprise et un mieux pour le salarié", argue-t-il. "La meilleure façon pour n’encourir aucune impopularité, aucune manifestation, c’est de ne rien faire. Telle n’est pas ma conception de l’action. Je pense que cette loi est bonne pour le pays et conforme à mes valeurs. Je suis un homme de gauche. En 1936, la grande loi, c’était les conventions collectives. Je m’inscris dans ce mouvement-là."

13h28. "Il faudra poursuivre la politique que j'ai engagée". François Hollande donne un indice sur sa volonté de continuer après 2017. "Nous aurons une inversion de la courbe du chômage à la fin de l'année, mais un chômage qui restera encore trop élevé. Ça veut dire qu’il faudra poursuivre la politique que j’ai engagée", déclare-t-il, avant de mettre en garde contre un retour de la droite au pouvoir. "Si nous mettons en cause tout ce que nous avons acquis, nous aurons de nouveau les déficits, l’absence de compétitivité, et pire, une remise en cause du droit à la retraite, du contrat de travail, du Smic, du droit du travail. Les choix faits étaient les bons. C’était le bon cap et je pense qu’il faut le suivre."

13h26. Des baisses d'impôt, seulement si..." Le chef de l'Etat répète qu'il n'y aura des baisses d'impôt pour les ménages en 2017 que si la situation le permet. "Je ne ferai de baisse d'impôts que si nous avons la certitude d'avoir une croissance supérieure à celle de cette année", a-t-il dit lors de la traditionnelle interview présidentielle du 14 juillet.

13h22. "Oui, ça va mieux, mais..." François Hollande répète son credo depuis plusieurs semaines, avec une réserve. "La croissance s’est améliorée, ça veut dire qu’il y a un peu plus de pouvoir d’achat, des créations d’emplois. Mais nous sommes encore fragiles. La meilleur preuve, c’est le Brexit, qui a des conséquences. Sur l’emploi, j’ai mis un dispositif pour l’embauche dans les PME, j’ai fait en sorte que nous puissions faire moins d’économies budgétaires qu’il n’était prévu, et je prépare avec la chancelière Merkel un plan pour que nous puissions relancer l’investissement à l’échelle de l’Europe. Ça va mieux en France, mais ça peut se dégrader si nous ne faisons rien. Alors j’agis."

13h16. "Il y a des règles à respecter". François Hollande évoque le cas Emmanuel Macron, avec un avertissement. "Il y a des règles. La première, c’est l’esprit d’équipe, c’est de défendre le bilan, d’être à plein temps dans sa tâche. C’est une règle qu’il doit respecter. La deuxième, c’est qu’il n’y a pas de démarche personnelle, encore moins présidentielle. Il y a à servir, jusqu’au bout. Ces deux règles sont celles de la composition d’un gouvernement. Respectez ces règles, c’est rester au gouvernement. Ne pas les respecter, c’est ne pas rester", lance-t-il.