Elysée 2012 : la séance de rattrapage

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Elysée 2012 : la séance de rattrapage
François Hollande et Nicolas Sarkozy sont les deux grands favoris de l'élection présidentielle. Ils devraient se disputer la première place au premier tour.@ REUTERS et MAXPPP
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Vous êtes passé à côté de la campagne électorale ? Europe1.fr vous propose une antisèche à lire avant le premier tour.

Officiellement, la campagne présidentielle a commencé le 9 avril. Mais dans les faits, la bataille a démarré depuis plusieurs mois. Si vous avez manqué les traditionnelles promesses et petites phrases, Europe1.fr vous propose une session de rattrapage.

• Les idées qui ont marqué la campagne

Crise oblige, l’économie et ses pendants, le pouvoir d’achat et le chômage, ont eu la part belle pendant la campagne, là où la sécurité avait été le thème central des batailles de 2002 et 2007. Et les plus riches ont eu les oreilles qui ont sifflé. La proposition la plus spectaculaire en la matière est venue de François Hollande, qui a proposé de taxer à 75% les revenus supérieurs au million d’euros. Nicolas Sarkozy a riposté en promettant deux mesures : la taxation des grands groupes du CAC 40, et la taxation par nationalité pour les exilés fiscaux.

Les deux favoris de l’élection présidentielle ont aussi bataillé sur l’emploi des séniors. Là encore, François Hollande a tiré le premier, avec le contrat de génération. Le candidat PS, qui porte cette idée depuis la primaire socialiste, propose d’exonérer de charges les entreprises qui emploieraient un senior et un jeune en même temps. Le président sortant promet lui aussi une exonération des charges patronales, en cas d’embauche d’un chômeur de plus de 55 ans, en CDD de plus de six mois ou en CDI.  

Pour Marine Le Pen, l’essentiel des problèmes économiques de la France s’explique par une immigration non maîtrisée. La candidate du FN souhaite donc ramener le nombre de migrants légaux ce 200.000 aujourd’hui à… 10.000 par an. Nicolas Sarkozy a lui aussi promis de réduire spectaculairement l’immigration, en ramenant le chiffre de migrants légaux à 100.000 par an.

• La polémique

Pendant près de deux semaines, la polémique sur la viande halal a donné un semblant de goût avarié à la campagne. En lançant le 19 février que "toute la viande vendue en Ile-de-France (était) halal", Marine Le Pen a certes prononcé une contre-vérité, selon les professionnels du secteur, mais elle a surtout réussi à lancer le débat et à se placer au centre de l’actualité. Nicolas Sarkozy s’est ensuite engouffré dans la brèche, en proposant d’étiqueter toutes les viandes selon leur mode d’abattage.

Mais après diverses réactions, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, a soulevé un tollé au début du mois de mars, en liant le halal et le vote des étrangers. Puis François Fillon y est ensuite allé de sa petite phrase, en parlant de "traditions ancestrales" qui ne correspondent plus "à grand-chose". Nouveau tollé, qui convaincra cette fois les leaders de la majorité de ne plus évoquer le sujet. Le polémique se clôt finalement avec l’entrée en application d’un nouveau décret sur l’abattage rituel.

• L’évènement inattendu

La tuerie de Toulouse, qui a coûté la vie le 19 mars à quatre personnes, dont trois enfants, dans le collège-lycée juif Ozar Hatorah, a bouleversé la campagne. S’ensuit un véritable feuilleton. D’abord, le lien entre ce drame et l’assassinat de militaires à Toulouse et à Montauban est établi. Puis l’assassin, Mohammed Merah, 23 ans, est identifié, et abattu le 22 mars après un assaut du Raid qui aura duré au total 32 heures.

Dès le début de l’affaire, la hache de guerre est enterrée. la campagne est officiellement suspendue, et le temps de parole des candidats n’est plus décompté par le CSA. Outre Nicolas Sarkozy, présent en tant que président de la République, François Hollande, Éva Joly, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan assistent  la cérémonie d’hommage aux victimes.

Mais pour François Bayrou, même suspendue, sous une autre forme. Dès le 20 mars, à Grenoble, le candidat MoDem dénonce : "le fait de montrer du doigt les uns et les autres en fonction de leur origine, c'est faire flamber les passions et on le fait parce que dans ce feu-là il y a des voix à prendre". S’il s’en est défendu depuis, chacun voit dans ces propos une attaque envers Nicolas Sarkozy.

Le drame de Toulouse n’aura finalement pas placé la sécurité au cœur du débat. Après avoir profité un temps à Nicolas Sarkozy, à la faveur de son statut de chef de l'Etat, l'"affaire Merah" disparaît peu à peu des débats. Elle ne sera donc pas déterminante pour l’élection présidentielle.

• Les joutes/les clashes

Les confrontations entre candidats ont été rares, sinon inexistantes en ce qui concerne les deux favoris. Plusieurs joutes verbales ont tout de même marqué la campagne.

Jean-Luc Mélenchon-Marine Le Pen, le non-débat.

Le 23 février, Marine Le Pen est l’invitée de Des paroles et des actes, sur France 2. Jean-Luc Mélenchon est annoncé comme contradicteur, mais le candidate frontiste refuse, comme elle l’avait annoncé, de débattre avec lui. S’ensuit un monologue étrange du candidat du Front de gauche, face à une invitée plongée dans ses fiches.

Laurent Fabius défie Nicolas Sarkozy

Pour affronter le président sortant, le 6 mars sur France 2, le PS désigne un ancien Premier ministre, Laurent Fabius. Rapidement, la courtoisie n’est plus de mise. Nicolas Sarkozy attaque son adversaire sur ses relations notoirement tendues avec François Hollande. Laurent Fabius réplique : "votre bilan, c’est votre boulet ".



Sarkozy attaque Fabius sur ses "petites phrases"...par lemondefr

François Hollande affronte Jean-François Copé

Toujours dans le cadre de Des Paroles et des actes, François Hollande fait face à Jean-François Copé. Très remonté, le secrétaire général de l’UMP attaque fort le candidat PS sur ses incohérences, sur son alliance avec les écologistes. François Hollande conserve son calme et se permet même quelques traits d’humour.



Les temps forts du duel Hollande - Copé en moins...par LeNouvelObservateur

• Les petites phrases

Pas de campagne sans les inévitables petites phrases. En six mois de débats et d’invectives, elles ont été nombreuses, et n’ont pas forcément volé très haut. "Le problème d’image d’Eva Joly, ce n’est pas que son accent, c’est aussi son physique", a ainsi glissé dans Le Parisien Nadine Morano. Hervé Morin, lui, semble être pris dans une faille spatio-temporelle quand il prétend avoir assisté au Débarquement de Normandie, alors que Nicolas Sarkozy a inventé un mot, la "méprisance". Enfin, Daniel Cohn-Bendit ne semble pas être emballé par la campagne. "On s’emmerde", a lancé l’eurodéputé vert sur Europe 1. Retrouvez le top 20 des petites phrases en cliquant ici.

• Les sondages

Depuis le début de l’année, François Hollande faisait la course en tête en termes d’intentions de vote, selon l’enquête quotidienne Ifop Fiducial pour Paris Match, Mais le 12 mars, soit près d’un mois après l’annonce officielle de sa candidature, Nicolas Sarkozy repasse en tête, avec 28,5% contre 27,5% à son adversaire. Les courbes se recroisent brièvement pendant une semaine,  avant que Nicols Sarkozy ne s’installe durablement en tête, sans toutefois décrocher son adversaire. François Hollande se maintient si bien qu’il se permet même de repasser en tête le 16 avril.