Demande d'expertise psychiatrique publiée sur Twitter : enquête ouverte contre Marine Le Pen

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Demande d'expertise psychiatrique publiée sur Twitter : enquête ouverte contre Marine Le Pen
Marine Le Pen a été mise en examen en mars. @ ALBERTO PIZZOLI / AFP
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Marine Le Pen avait publié sur Twitter l'ordonnance de la juge d'instruction demandant une expertise psychiatrique, dans le cadre de sa mise en examen pour la publication de photos d'exactions de Daech. 

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN), est visé depuis septembre par une enquête préliminaire pour avoir publié sur Twitter un acte de procédure la concernant, a indiqué jeudi le parquet de Nanterre, confirmant une information du magazine Challenges.

Cette enquête, ouverte le 20 septembre, a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (service spécialisé de la police judiciaire de la préfecture de police). Elle concerne "la publication d'un acte de procédure", en l'occurrence une ordonnance signée par une juge d'instruction, "en violation de l'article 38 de la loi sur la presse", a précisé la procureure de la République de Nanterre Catherine Denis.

De "l'acharnement", selon Marine Le Pen. Mise en examen en mars par le parquet de Nanterre pour avoir publié des photos d'exactions de Daech sur Twitter, Marine Le Pen avait en effet publié sur le réseau social l'ordonnance de la juge d'instruction demandant, dans le cadre de ce dossier, une expertise psychiatrique.

La présidente du RN s'était indignée le 20 septembre que cet examen puisse la viser, bien qu'un tel acte soit prévu par le Code de procédure pénale dans ce genre d'affaire. Elle s'est à nouveau élevée jeudi contre "cette énième persécution", précisant "ne pas avoir connaissance" de cette nouvelle enquête. "C'est de l'acharnement", s'est-elle insurgée.

"En tant que partie au dossier, elle n'est pas soumise au secret de l'instruction", plaide son avocat. Son avocat David Dassa Le Deist a fait lui aussi part de sa "stupéfaction" devant une procédure dont il n'avait pas non plus connaissance. Selon lui, "le parquet a exhumé un article qui n'est que très rarement utilisé pour trouver un fondement à cette enquête". "En tant que partie au dossier, elle n'est pas soumise au secret de l'instruction", a-t-il souligné, et "sur le fond, elle conteste l'interdiction qui lui serait faite de publier ce texte".

Et de dénoncer lui aussi une "persécution judiciaire" alors que dans les autres dossiers judiciaires concernant sa cliente, "vous avez l'intégralité des procès verbaux dans la presse".

La procureure de Nanterre a par ailleurs indiqué qu'une seconde enquête préliminaire, contre X, avait également été ouverte le 20 septembre et confiée au même service enquêteur. Celle-ci concerne "l'atteinte à l'intimité de la vie privée à raison de la diffusion sur plusieurs réseaux sociaux d'éléments personnels", en l'occurrence les coordonnées personnelles de la juge instruisant l'affaire des photos d'exactions dans lequel Marine Le Pen est mise en examen.