Corse : pour Simeoni, "la Constitution doit être modifiée"

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Corse : pour Simeoni, "la Constitution doit être modifiée"
La coalition nationaliste Pè a Corsica (Pour la Corse) a largement remporté (56,5%) dimanche le second tour de l'élection territoriale. @ PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
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"La Constitution doit être modifiée pour prendre en compte la spécificité de la Corse, de ses attentes et de ses besoins", a déclaré mercredi le leader nationaliste.

Le leader nationaliste autonomiste corse Gilles Simeoni a déclaré mercredi sur BFMTV/RMC que "la Constitution doit être modifiée pour prendre en compte la spécificité de la Corse, de ses attentes et de ses besoins". "L'inscription de la Corse dans la Constitution est la condition sine qua non de l'ouverture d'un espace juridique qui nous permettra de mettre en oeuvre des politiques ( ...) indispensables à la prise en compte des intérêts de la Corse", a poursuivi Gilles Simeoni, répondant au Premier ministre qui avait prévenu la veille que les initiatives de la collectivité territoriale corse devaient être "conformes au cadre constitutionnel" actuel.

La tête de liste de la coalition nationaliste, Pè a Corsica (Pour la Corse), qui a remporté dimanche une large victoire aux élections territoriales avec un score de 56,5 %, a également indiqué être "dans l'incertitude totale quand aux intentions réelles du gouvernement" déplorant que "les mots varient". "Tantôt on nous parle d'autonomie, tantôt on nous parle de décentralisation, tantôt on fait semblant de croire que l'autonomie n'était pas dans notre programme alors qu'elle était au coeur de nos demandes", a-t-il ajouté. "On laisse croire que l'autonomie serait une forme de rupture avec la France, ce qu'elle n'est absolument pas", a-t-il insisté. Mardi, le chef du gouvernement, qui a chargé la ministre Jacqueline Gourault d'ouvrir un dialogue avec les nationalistes, a indiqué qu'il serait "attentif à ce que les compétences prévues par la loi, et ouvertes à la nouvelle collectivité, soient pleinement exercées".

Le gouvernement a rejeté d'ores et déjà les trois revendications emblématiques des nationalistes corses, la reconnaissance de la langue corse comme langue officielle de l'île au côté du français, la création d'un statut de résident ou encore l'amnistie des "prisonniers politiques". Edouard Philippe a préféré insister sur les "compétences spécifiques" qui pourraient être confiées à la Corse, en invoquant la formule du "pacte girondin" entre l'Etat et les collectivités, sans dessiner les contours de ces nouvelles attributions.