Contrôle au faciès : les propos de Vidalies font polémique à gauche

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Contrôle au faciès : les propos de Vidalies font polémique à gauche
@ AHMED OUOBA / AFP
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Le secrétaire d'Etat aux Transports se dit prêt à prendre "le risque de discrimination" lors des contrôles pour assurer la sécurité dans les trains.

Le contrôle au faciès est au cœur d'une polémique à gauche. Invité d'Europe 1 lundi matin, Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat aux Transports, a assumé le "risque" de discrimination lorsque des contrôles sont effectués dans les gares et les trains. "Chaque fois qu'on parle de fouilles aléatoires, il y a quelqu'un qui dit 'ça risque d'être discriminatoire'. Moi je préfère qu'on discrimine effectivement pour être efficaces plutôt que de rester spectateurs", a-t-il déclaré au micro de Jean-Pierre Elkabbach, trois jours après l'agression du Thalys.

Des propos précisés mais assumés quelques heures plus tard. "Dès qu'on parle de contrôle aléatoire, il est opposé le risque de discrimination. Ce risque existe mais ne doit pas nous empêcher d'agir", a écrit Alain Vidalies sur son compte Twitter.



Des députés PS montent au créneau. Ces propos ont fait bondir certains à gauche. "C'est une phrase extrêmement malheureuse qui peut contribuer à accroître les discriminations", estime Yann Galut, député socialiste du Cher, dans une interview à Europe Soir lundi. L'élu appelle Manuel Valls à "clarifier les choses. Aujourd'hui, on a un ministre qui semble dire qu'il peut y avoir des discriminations". Pour Yann Galut, "on le constate tous les jours, le terrorisme n'a ni couleur, ni nationalité, ni sexe. On le voit avec certains convertis qui sont encore plus radicaux que d'autres, qui sont actuellement en Syrie, et qui s'appellent Kevin, Jérémy ou Alain et qui sont blonds aux yeux bleus".

"Reculer sur les droits des citoyens, accepter les discriminations et les divisions, c'est ce que cherchent les terroristes", a remarqué pour sa part un autre député PS, François Lamy, ancien ministre de la Ville et proche de Martine Aubry.





Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, a elle aussi reproché ses propos à Alain Vidalies. "On ne prend pas en compte le risque de discrimination, on le combat", a tweeté la patronne des écologistes. Selon elle, "pour être efficace il faut se concentrer sur les individus en dérive et s'attaquer en amont aux racines du terrorisme".



Au Parti communiste aussi, c'est l'indignation. "Quand un ministre justifie la discrimination pour lutter contre le terrorisme, il ne parle plus au nom de la République", cingle sur Twitter le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles.



"Ridicule et grotesque" pour Ciotti. Alain Vidalies pourra au moins trouver un soutien à droite, celui d'Eric Ciotti. "Ce débat est ridicule et grotesque. On est face à une menace terroriste et certains n'ont rien d'autre à faire que d'ouvrir ce débat", a réagi le député Les Républicains des Alpes-Maritimes sur RTL. "Nos policiers, nos gendarmes, sont les garants de nos libertés. Il faut leur faire confiance", a-t-il ajouté, appelant à renforcer la sécurité dans les transports ferroviaires.