Cohn-Bendit-Hulot, mea culpa et réconciliation

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Cohn-Bendit-Hulot, mea culpa et réconciliation
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LA RÉCONCILIATION - "Nous nous sommes trompés", a estimé Dany au sujet de la primaire pour 2012. "L'incident est clos", répond Hulot pourtant amer.

La primaire écologiste pour la présidentielle de 2012 a laissé des traces. Plus de deux ans après, Nicolas Hulot garde de ce combat face à Eva Joly, émaillé de phrases assassines et de coups bas, un souvenir amer, qu’il détaille dans son ouvrage Plus haut que mes rêves, qui sort mercredi. Un livre qui a touché Daniel Cohn-Bendit, comme il l’a montré lors de son "humeur" mercredi martin sur Europe 1. "C'est un grand message de tendresse, touchant, qu'il livre là", a estimé le député européen, qui va même jusqu’à affirmer désormais que les écologistes n’ont pas fait le bon choix en choisissant Eva Joly en juin 2011.

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Le mea culpa. Et pourtant, Nicolas Hulot n’est pas tendre avec Daniel Cohn-Bendit dans son livre. "Je ne sais jamais comment faire avec ceux qui me tendent une main et me poignardent de l'autre, c'est un exercice dans lequel Dany est passé maître... ", écrit-il notamment.  Des critiques que le député européen entend et comprend.  "Oui, je sais, je l'ai blessé ! Je n'ai pas aimé son film, Le syndrome du Titanic, que j'ai trouvé anxiogène et éthiquement discutable. Je l'ai dit le soir de la première, c'était méchant et inutile", reconnaît-il aujourd’hui.


"Mais son livre vaut bien plus que ces quelques pages de politico-délire ou politico-paranoïa car c'est un grand cri du coeur : nous nous sommes trompés ! Europe Ecologie s'est trompé", lance Daniel Cohn-Bendit. "Il aurait été le meilleur candidat crédible politique de l'écologie aux dernières présidentielles ! Nous avons raté un grand rendez-vous avec lui, il a raté un grand rendez-vous avec nous. C'est de notre faute", conclut-il.

"Je t’ai attendu et tu n’as pas été là". "Ça fait plaisir, Dany, de t'entendre dire ça. Non pas pour flatter mon égo, mais simplement parce que moi aussi j'ai été malheureux de cette situation", a réagi quelques minutes plus tard Nicolas Hulot, toujours sur Europe 1. Mais clairement, la rancœur est encore tenace chez le conseiller spécial de François Hollande pour les questions écologiques. "C'est vrai que j'ai trouvé qu'il y avait un rendez-vous manqué d'abord entre toi et moi parce qu'on avait discuté avant la campagne. Je t'avais dit : ‘sans toi, je n'y vais pas sans toi’. Tu avais dit que tu serais là, tu n'as pas été là, ça m'a manqué cruellement", a-t-il expliqué, avant d’insister. "Daniel, tu sais bien : on a petit-déjeuné ensemble peu de temps avant que je me déclare à la primaire. Tu m'as fait un certain nombre de promesses, je t'ai attendu et tu n'as pas été là."



diapo-hulot-okpar Europe1fr

"Un immense gâchis pour l’écologie". A l’entendre, Nicolas Hulot est surtout triste pour la cause qu’il défend. "Ce n'est pas un gâchis pour toi, pas un gâchis pour moi : toute cette expérience malheureuse a été un immense gâchis pour l'écologie ! Si nous avions su unir ce qui nous rassemble plutôt que dresser ce qui éventuellement nous sépare, je pense que nous aurions pu faire la jonction entre cet enjeu majeur et la société française", a-t-il ainsi estimé. "Tu sais comme moi que, depuis cette campagne calamiteuse qui a donné une image tragique de l'écologie et de ceux qui la défendent, il y a une forme d'irritation dans la société vis à vis de l'écologie, des écologistes. Alors que la critique ne devrait pas porter sur nous, car même si l'on porte maladroitement un enjeu universel, en tout cas on le porte, et d'autres ne le font pas", s’agace l’ancien animateur, qui tempère : "Ce n'est pas très grave, même pas grave du tout. Je m'en suis remis depuis longtemps. On dit candidat malheureux : j'étais juste le candidat un peu triste que l'écologie se fourvoie..."