Carrefour : Moscovici déplore de "la casse" mais ne conteste pas "un tel plan" de suppression de postes

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Pour le Commissaire européen, invité dimanche d'Europe 1, il est essentiel que les grandes enseignes puissent s'adapter aux évolutions de l'économie mondiale.

INTERVIEW

"France is back" a lancé Emmanuel Macron depuis Davos où se tenait le Forum économique mondial. Avec une prévision de 1,9% selon les chiffres de l’Insee, le taux de croissance de 2017 est le plus fort depuis 2011, et pourtant le chômage reste élevé. L’enseigne Carrefour a ainsi annoncé mardi la suppression de 2.400 postes au siège, via un plan de départs volontaires.

"Personne ne doit rester sur le bord du chemin ou le carreau". "Quand vous avez 2.600 personnes qui partent [sic], il y a de la casse sociale dans la mesure où il y a des pertes d’emplois et des souffrances humaines", a commenté dimanche Pierre Moscovici, invité du Grand Rendez-vous d’Europe1/C-News/Les Echos. "Il y est vital de s’y attacher. Personne ne doit rester sur le bord du chemin ou le carreau", a martelé le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l'Union douanière.

"Mais je ne suis pas en train de contester sur le fond un tel plan", tient-il cependant à nuancer. "Pourquoi ? Parce que ce secteur, comme d’autres, doit s’adapter à l’évolution de l’économie mondiale et aux défis de la numérisation. Ces évolutions-là doivent être intégrées, ce qui suppose que les personnes soient mieux formées en amont aux métiers de demain". 

"La formation professionnelle est la mère de toutes les reformes". L’ancien ministre de l’Economie de François Hollande s’est également lancé dans un plaidoyer pour la réforme de la formation professionnelle, précisément l’un des grands chantiers annoncés par le gouvernement pour 2018. "On se réjouit de voir une France qui redémarre, mais c’est vrai que l’on constate que le chômage repart plus lentement. Il redémarre plus lentement parce qu’il y a en France un certain nombre de personnes plus loin que d’autres de l’emploi, et parce qu’il y a des goulots d’étranglement dans certains secteurs", développe-t-il.

"Il y a un besoin de recrutement, mais on n’arrive pas forcement à trouver la main-d’œuvre formée. Je crois que la formation professionnelle, l’élévation du capital humain, est la mère de toutes les reformes", estime Pierre Moscovici. C’est la priorités des priorités, c’est ça qui permettra d’adapter la demande et l’offre de main-d’œuvre et d’avoir une économie française qui, à croissance donnée, aura un contenu en emplois plus élevé. Il faut absolument agir de ce point de vue là", insiste-t-il.