Calmels : "un paradoxe de voir ceux qui ont participé à la défaite de Juppé être à Matignon"

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La première adjointe au maire de Bordeaux voit une ironie de l’histoire de voir Edouard Philippe, porte-parole d’Allain Juppé lors de la primaire de la droite en 250165, être aujourd’hui Premier ministre. 

INTERVIEW

Virginie Calmels et Edouard Philippe étaient tous deux des soutiens actifs d’Alain Juppé fin 2016, lors de la primaire de la droite pour l’élection présidentielle. Les voilà aujourd’hui adversaires, puisque la première adjointe du maire de Bordeaux soutient Laurent Wauquiez dans la course à la présidence des Républicains. Et c’est non sans amertume, habillée d’un large sourire, que l’ancienne directrice générale d’Endemol a vu son ancien camarade être nommé et occuper aujourd’hui, près d’un an après la cuisante défaite du maire de Bordeaux à la primaire LR, les fonctions de Premier ministre. "Il y a un paradoxe ou une ironie de l’histoire, voire quelque chose qui est un peu cocasse", a affirmé Virginie Calmels, invitée d’Europe matin vendredi.

"Ceux qui ont participé à l'échec de Juppé se retrouvent à Matignon". "Il y avait une équipe de campagne à laquelle j’ai participé pendant les primaires, qui soutenait Alain Juppé. Et ceux qui ont participé à sa stratégie de communication et à ses grandes lignes de communication, avec notamment l’identité heureuse et qui à mon avis ont peut-être participé à l’échec d’Alain Juppé à la primaire se retrouvent à Matignon", a-t-elle insisté, visant aussi Gilles Boyer, ancien directeur de campagne d’Alain Juppé et désormais conseiller politique du Premier ministre. "Ce n’est pas banal au fond. C’est une situation un peu étonnante."

"On n'a pas partagé la même approche". Et pour Virginie Camels, c’est bien le fait d’avoir insisté sur l’identité heureuse qui a précipité la perte d’Alain Juppé. "Il a peut-être sous-estimé cet aspect-là. C’est un homme rationnel. Il était convaincu que toute la fachosphère qui s’était emparée notamment de l’histoire 'Ali Juppé', de sa proximité éventuelle avec l’islam, ne pouvait pas impacter les Français et notamment les sympathisants de droite, qui allaient voter", a estimé la première adjointe au maire de Bordeaux. "On n’a pas partagé la même approche sur cette question."

Le "régalien fort". Pour Virginie Calmels, Alain Juppé aurait dû insister sur les valeurs de droite "Derrière cela, il y a aussi un sujet de ligne politique. Certains dans l’équipe adhéraient, en termes de ligne politique, à ce qu’était le concept d’identité heureuse. Je reste convaincue que le projet d’Alain Juppé tel qu’il était dans son livre, instaurer un quota d’immigration, la volonté de restaurer les peines plancher, de durcir le regroupement familial, de supprimer l’Aide médical d’Etat", a expliqué celle qui aujourd’hui soutient Laurent Wauquiez, tentant d’une droite dure, pour la présidence des Républicains. "C’est tout ce régalien fort qui malheureusement ne s’est pas retrouvé dans ses éléments de langage", a-t-elle regretté.