Copé : la campagne de Sarkozy, "un TGV qu'on ne pouvait plus arrêter"

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Copé : la campagne de Sarkozy, "un TGV qu'on ne pouvait plus arrêter"
@ PATRICK KOVARIK / AFP
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Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy ont des versions contradictoires du dépassement des frais de la campagne présidentielle de 2012.

Devant les enquêteurs chargés de l'affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a chargé Jean-François Copé, soulignant que ce dernier était "tenu informé" de l'évolution de ses comptes de campagne en 2012. L'ancien patron de l'UMP (devenue Les Républicains) n'a pas le même souvenir. Entendu le 28 juillet, il a comparé la campagne de Nicolas Sarkozy à "un TGV qu'on ne pouvait plus arrêter".

"Une farce" pour Sarkozy. Convoqué le 4 septembre à l'Office anticorruption de la PJ (Oclciff), l'ancien chef de l'Etat a décrit une campagne maîtrisée: "l'argument d'une campagne qui dérape est une farce". Selon ses déclarations aux policiers rapportées à l'AFP de source proche du dossier, l'analyse de Jean-François Copé est autre: "je pense que le contexte de l'époque, celui d'une campagne très dense générant des dépenses très importantes, s'est déroulé comme un TGV qu'on ne pouvait plus arrêter, selon la formule de M. Lavrilleux", son bras droit par qui le scandale a éclaté.

"Un climat de haine", déplore Copé. Se présentant comme un homme "trahi", ignorant tout du financement de la campagne, validant le budget de l'UMP dans "ses grandes lignes", le député-maire de Meaux a expliqué avoir découvert l'affaire dans Libération, le 15 mai 2014. Avant d'en faire les frais le 27, poussé à la démission lors d'un bureau politique tenu "dans un climat de haine (qu'il) ne souhaite à personne de vivre, même à ceux qui ce jour-là s'y sont laissés entraîner".

13 personnes mises en examen. Entre-temps, il aurait découvert, "abasourdi", les détails de l'affaire. Le 16, le patron d'Event&Cie, la filiale événementielle de Bygmalion, Franck Attal, lui aurait révélé "une vérité qui (lui) avait été totalement dissimulée par (ses) collaborateurs", notamment son bras droit. Ce que lui décrit ce jour-là le patron d'Event, qu'il assure ne pas bien connaître, c'est un système de fausses factures. Les enquêteurs pensent que ce système a permis de mettre à la charge de l'UMP environ 18,5 millions d'euros dépenses de meetings, pour dissimuler une explosion du plafond légal (22,5 millions d'euros). Anciens dirigeants de Bygmalion, ex-cadres de l'UMP ou de la campagne, 13 protagonistes sont mis en examen.