Bayrou, président d’un cabinet fantôme

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Bayrou, président d’un cabinet fantôme
François Bayrou tente le coup du "shadow cabinet" pour sortir de l'ombre.@ MAX PPP
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Le président du MoDem espère ainsi sortir son parti de la solitude et de la torpeur médiatique.

Pour exister médiatiquement, François Bayrou est allée piocher dans les pratiques anglo-saxonnes. Le président du MoDem, qui n’a jamais réussi à faire fructifier sa troisième place à l’élection présidentielle de 2007, a en effet mis en place, selon Le Figaro, un "shadow cabinet" ("cabinet fantôme"), sorte de contre-gouvernement virtuel dédoublant les principaux ministères de l’équipe Fillon. Si, en Grande-Bretagne notamment, la pratique est systématique, elle est beaucoup plus rare en France

"C'est une équipe solide et solidaire en ordre de marche pour les grands combats qui viennent", s’est enthousiasmé François Bayrou en évoquant "des gens d'expérience qui ont fait leurs preuves dans leur parcours professionnel et politique".

Les fidèles récompensés

Si ces ministres virtuels devront plancher sur leur domaine de compétence, l’opération est d’abord médiatique. "C'est la meilleure réponse que l'on pouvait apporter aux accusations de solitude qu'on a souvent entendues et qui étaient fausses", jure-t-on ainsi dans l’entourage de l’ancien ministre de l’Education (de 1993 à 1997).

Les rares têtes d’affiche du mouvement centriste connues du grand public -et qui sont restées proches de François Bayrou- ont toutes été nanties d’un portefeuille virtuel. Marielle de Sarnez, fidèle parmi les fidèles, s’est ainsi vu confier les Affaires étrangères. Jean Lassalle et Abdoulatifou Aly respectivement l’Egalité des territoires et l’Outre-mer. Les deux transfuges des Verts, Jean-Luc Benhamias et Yann Wehrling héritent de la Culture, de la jeunesse et des sports pour l’un, de l’Ecologie pour l’autre.

Quant à François Bayrou lui-même, il n’apparaît pas dans ce "shadow cabinet". Histoire de garder la posture du chef et d’affirmer un peu plus sa position de présidentiable pour 2012.

Retrouvez les principales têtes d'affiche du cabinet fantôme du MoDem en diaporama.

Des précédents inefficaces

Reste à savoir l’efficacité d’un tel procédé en France. François Mitterrand s’y était essayé le premier en 1966, mais les défaites aux législatives de 1967 et 1968 auront raison de l’expérience. En 2000, le RPR, ancêtre de l’UMP, tente le coup sous la houlette de Michèle Alliot-Marie. Mais les partenaires (DL et UDF) ne suivent pas, et le "shadow cabinet" de MAM peine à se faire entendre.

Enfin, le Parti socialiste compte actuellement un cabinet fantôme. Il a été mis en place en jun 2007 par Jean-Marc Ayrault. Mais comme les précédents, il n’a pas trouvé l’écho escompté au prés de la population. A François Bayrou de faire mieux.