François Bayrou, vers une quatrième candidature à la présidentielle ?

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LES SECRETS POLITIQUES - Il avait juré ne de pas se présenter en 2017. Mais aujourd'hui, le maire de Pau observe à nouveau l'avenir avec gourmandise.

INFO EUROPE 1

"Est-ce que j'envisage de me présenter aux élections présidentielles ? "Non". Ainsi parlait François Bayrou, en mars 2014 sur Europe 1. C'était la campagne des municipales et le président du MoDem assurait qu'il se consacrerait à 100% à son mandat s'il était élu maire de Pau - ce qu'il est devenu.

"Je vis une période passionnante". Aujourd'hui, le ton a changé. "Il fera tout pour être candidat une quatrième fois", glisse un ancien camarade centriste, en ajoutant qu'il connaît bien "son" Bayrou.  En coulisses, le maire de Pau lui-même ne cache plus que les vents sont favorables. "Je vis une période passionnante nationalement et localement", dit-il avec gourmandise.

Sa pétition "pour un collège de l’exigence", cosignée avec Jean-Pierre Chevènement et Luc Ferry, engrange plus de 25.000 soutiens. Localement, son travail à Pau est salué par ses confrères. Et puis, il est populaire auprès des Français : 43% d'entre eux souhaitent qu'il se présente à la présidentielle, selon un récent sondage. Loin devant François Hollande (21%) et Nicolas Sarkozy (26%).

Prêt à défier Sarkozy. François Bayrou assure néanmoins que son soutien à Alain Juppé est sincère. Mais si c'est Nicolas Sarkozy qui se retrouve sur la ligne de départ, il se sentira pousser des ailes. Au journal Le Monde, qui lui demandait la semaine dernière s'il serait candidat en 2017 dans le cas où l'ancien chef de l'Etat remporterait la primaire, il a simplement répondu : "je serai libre". Et comme le décrypte un centriste, "plus il dit qu’il soutien Juppé, plus il le plombe auprès des sympathisants des Républicains", qui n’ont pas digéré le coup de main à Hollande en 2012.

Certes, François Bayrou n'en est pas encore à travailler sur un projet. Mais lorsqu'il refait le film à l’envers, le président du MoDem est persuadé que sur la dette,  la gouvernance ou les affaires, les faits lui ont donné raison. Pour le moment, il surveille donc la primaire de loin. Et ne s'interdit rien.