Au PS, la fuite des vallsistes vers Macron a commencé

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De nombreux soutiens de l'ancien Premier ministre, largement défait dimanche soir face à Benoît Hamon lors du second tour de la primaire de la gauche, envisagent de se tourner vers Emmanuel Macron.

REPORTAGE

"Marchand de sable", "ambigu" sur la laïcité... Les mots de Manuel Valls à l’égard de Benoît Hamon pendant la campagne de la primaire organisée par le PS n’ont pas manqué de sévérité. Mais, maintenant, les deux camps sont supposés se rassembler pour éviter l'éclatement du PS et l'hémorragie d'élus vers Emmanuel Macron.

Impossible de soutenir Benoît Hamon. "Benoît Hamon est désormais le candidat de notre famille politique, et il lui appartient de mener à bien la belle mission du rassemblement", a déclaré dimanche soir Manuel Valls à l’issue de sa défaite. Sauf que la fuite vers Emmanuel Macron a déjà commencé. Une demi-heure après les résultats, un député du Maine-et-Loire et un autre du Cantal, qui avaient tous les deux fait campagne pour Manuel Valls, ont prêté allégeance à Emmanuel Macron. "En conscience, après 24 ans au PS, il m'est impossible de soutenir Benoît Hamon", a déclaré l’un d’eux. "Et il y en aura d'autres", prédit un élu.

"Les anciens frondeurs nous demandent de la loyauté, permettez-moi de rire", grince encore un vallsiste qui, de son côté, va faire le point avec ses militants en circonscription. D’autres encore disent que, s'ils se rangent derrière Benoît Hamon, ce sera pour un service minimum. Les députés socialistes doivent se réunir lundi matin à l’Assemblée nationale autour de cette question.

"J’irai certainement vers Macron". Chez les militants, le rassemblement n’est pas non plus encore fait. "Je suis inquiète de la vision que peut avoir Benoît Hamon en matière de laïcité, je ne me reconnait pas du tout dans les propositions qui peuvent être les siennes, alors je voterais utile, pour le candidat qui sera le plus en mesure de l’emporter face à la droite et à l’extrême droite : Emmanuel Macron", explique Elodie, soutien de l'ex-Premier ministre.

Soutenir l’ancien rival de Manuel Valls, l’homme du 'ni droite ni gauche', n’est pas encore complètement acquis pour Maurice, même s'il estime que Benoît Hamon a contribué à faire échouer le quinquennat en participant à la fronde contre l’exécutif. "Si les électeurs socialistes se détournent de Benoît Hamon, c’est un peu l’arroseur arrosé. J’irai certainement vers Macron mais à l’heure actuelle, je ne sais pas quel est son programme. Je ne l’ai pas vu et j’attends de la voir".

Premier couac. Dimanche soir, Benoît Hamon a pris la parole avant la fin du discours de Manuel Valls. Une manière de lui couper la parole, bien qu’il se soit excusé par la suite. "Drôle de manière de commencer le rassemblement", a commenté un vallsiste.