Assistants parlementaires : Bayrou dénonce une opération politique

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Assistants parlementaires : Bayrou dénonce une opération politique
François Bayrou estime que le MoDem est victime d'un opération politique qui pourrait venir des rangs de la gauche parisienne.@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Indirectement, le garde des Sceaux a visé mardi la maire de Paris, Anne Hidalgo, dont l'un des collaborateurs est à l'origine de l'enquête préliminaire sur les assistants parlementaires du MoDem.

Une fois de plus François Bayrou est sorti de sa réserve pour évoquer l'affaire des assistants parlementaires européens. En effet, depuis plusieurs mois la justice s'intéresse à une proche du garde des Sceaux, Marielle de Sarnez, la ministre chargée des Affaire européennes, après que le FN, lui-même épinglé pour des emplois présumés fictifs, ait dressé une liste de 19 eurodéputés français dont les assistants auraient été rémunérés par Bruxelles pour des fonctions remplies au sein de leur parti respectif plutôt qu'au Parlement. Invité mardi sur CNews à s'exprimer sur ce sujet, l'ancien maire de Pau a déclaré avoir "l'impression" d'être la cible d'une opération politique.

Un courrier met le feu aux poudres. La semaine dernière, de nouvelles révélations à charge sont en effet venues s'ajouter au dossier : un ancien assistant parlementaire de Jean-Luc Bennahmias, à l'époque où celui-ci était encore vice-président du MoDem, a mis en doute dans un courrier au procureur de Paris la réalité de son emploi. De quoi déclencher l'ouverture d'une enquête préliminaire, visant directement le parti fondé par l'actuel ministre de la Justice.

Interrogé mardi sur ce dernier rebondissement par Jean-Pierre Elkabbach, François Bayrou a d'abord fait valoir son devoir de réserve : "Je 'n'ai pas le droit de m'exprimer et je ne m'exprimerai pas sur cette affaire". Le journaliste renchérit : "Cette personne a travaillé avec vous. Aujourd'hui, où est-il ? Vous voulez que je le dise ?".

- "Oui, il fallait le dire", répond François Bayrou.

- "Il travaille à la mairie de Paris".

- "Non ! Il est l'un des collaborateurs directs de la maire de Paris [Anne Hidalgo, ndlr]", corrige aussitôt le ministre de la Justice, y voyant "un lien entre ceci et cela" quelques jours avant une élection qui a balayé dès le premier tour une partie des élus PS de la capitale.

L'individu en question, un certain "Matthieu L.", est entré au service du MoDem fin 2010, comme chef du site Web, occupant également des fonctions de community manager, précise Le Journal du Dimanche. En signant son CDI, l'homme se voit également nommé collaborateur à temps partiel de Jean-Luc Bennahmias, sans précision quant à savoir s'il travaille pour le vice-président du parti ou pour l'eurodéputé. Matthieu L., désormais conseiller auprès d'Anne Hidalgo, se demande aujourd'hui si une partie de son salaire n'était pas payée par Bruxelles. "Je ne souhaite pas m'exprimer. Ma démarche est privée. L'enquête doit pouvoir se tenir sereinement", a-t-il déclaré, auprès du JDD. Mais ses révélations ont suffi en tous cas à jeter un soupçon sur la direction du MoDem.

Un ministre agacé… Depuis les révélations fin mai du Parisien sur l'enquête préliminaire visant Marielle de Sarnez, François Bayrou est intervenu à plusieurs reprises pour tenter d'éteindre la polémique. Le responsable gouvernemental a commencé par relayer sur son compte Twitter un communiqué de la ministre se défendant de tout emploi fictif. Mercredi, le locataire de la place Vendôme s'est même fendu d'un appel à un journaliste de Radio France pour s'agacer d'une enquête journalistique sur son parti. À l'AFP, François Bayrou a assuré qu'il n'avait pas appelé la maison ronde en tant que ministre mais comme simple "citoyen", agacé par des méthodes qu'il assimile à du "harcèlement".

…et déjà recadré. Une sortie qui a valu au garde des Sceaux le premier recadrage du quinquennat. Sur Franceinfo mardi, le Premier ministre Edouard Philippe a voulu rappeler François Bayrou à son devoir d'"exemplarité" : "Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen".